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Greta Thunberg soutient les lycéens, les blocages reprennent partout en France

La militante suédoise a créé la surprise en venant encourager les jeunes devant un lycée de Saint-Denis. Partout dans le pays, les blocages repartent de…

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Greta Thunberg soutient les lycéens, les blocages reprennent partout en France

La militante suédoise a créé la surprise en venant encourager les jeunes devant un lycée de Saint-Denis. Partout dans le pays, les blocages repartent de plus belle, alors que le gouvernement espère que les vacances vont casser l’élan.

Les blocages ont repris mardi dans les lycées et les universités, et une nouvelle journée de mobilisation se dessine. À Paris, plusieurs établissements étaient fermés bien avant le lever du jour, et un cortège doit relier la place d’Italie aux Invalides, à deux pas de Matignon et du ministère de l’Éducation. Un autre rassemblement, non déclaré cette fois, circule sur les réseaux sociaux entre l’Hôtel de ville et Matignon, porté notamment par le NPA et Solidaires étudiants. Les organisations lycéennes et étudiantes réclament depuis plusieurs jours une rencontre avec Sébastien Lecornu.

La journée a pris une tournure inattendue avec la venue de Greta Thunberg. La militante écologiste s’est rendue devant le lycée Paul-Eluard de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, l’un des points chauds du mouvement, pour apporter son soutien à plus d’une centaine de jeunes rassemblés. Un keffieh sur les épaules, elle a dénoncé un avenir qu’on leur prend et des établissements privés des investissements nécessaires. Elle s’est dite extrêmement fière des étudiants français et a prévenu qu’ils n’allaient pas renoncer. À ses côtés, une vingtaine d’avocats s’organisaient pour former une chaîne en robe, avec l’objectif de protéger les lycéens d’éventuelles violences policières.

Le mouvement ne faiblit pas partout de la même manière. Dans le Rhône, sept établissements étaient perturbés dès le début de la journée, tout comme plusieurs universités et grandes écoles. Des blocages ont aussi été signalés à Montpellier, Rennes, Marseille ou Bayonne. Selon le ministre de l’Éducation Édouard Geffray, environ 200 lycées devraient rester fermés, un chiffre qu’il présente comme le signe d’une décrue par rapport aux semaines passées.

Sur le terrain, la détermination reste vive, même si l’organisation pèse. À Rennes, la mobilisation a commencé avant l’aube devant le lycée Jean-Macé. Lily, en terminale, a passé près d’une heure dans les transports pour rejoindre le piquet de grève. Elle raconte que les jeunes tentent de mettre en place des roulements, parce que se lever aux aurores chaque jour devient compliqué. Elle redoute que le souffle retombe, mais Albane, elle aussi en terminale, veut croire qu’une échéance à venir va relancer la dynamique. À Marseille, Simon, seize ans, assure que la plupart des participants sont prêts à repartir après les vacances.

Face à la colère, l’exécutif a progressivement délaissé la seule réponse sécuritaire pour avancer des mesures plus politiques, sans parvenir à convaincre. Édouard Geffray a promis le déploiement en urgence de 3 000 professeurs remplaçants dans les lycées les plus en difficulté. Un chiffre qui impressionne, admet Achille, élève de seconde dans un lycée rennais, avant de tempérer. Rapporté au nombre de départements et de matières, cela revient selon lui à un professeur par matière et par département. Sébastien Lecornu a de son côté annoncé que le gouvernement déposerait des amendements au projet de budget pour 2027, reprenant certaines des propositions issues de la plateforme de concertation destinée aux lycéens.

Les tensions, elles, ne disparaissent pas. Le ministère estime que le mouvement recule nettement mais que les violences s’intensifient, avec au moins huit personnels de l’Éducation nationale blessés lundi. À Vitrolles, dans les Bouches-du-Rhône, des jeunes ont tenté pendant la nuit de mettre le feu à un garage attenant à un lycée, et un mineur de douze ans a été interpellé. Emmanuel Macron, dont la parole reste rare depuis le début de la contestation, a appelé lundi à une mobilisation dans le calme, dans l’ordre et dans le respect des personnes comme des biens. À Bayonne, le dispositif policier déployé semblait traduire cette exigence. Lucia, seize ans, et Stella, quinze ans, le jugent pourtant disproportionné et intimidant. À Marseille, le maire divers gauche Benoît Payan a choisi une autre voie en mettant des salles municipales à disposition des protestataires, pour qu’ils puissent débattre et organiser leur mouvement de façon démocratique et apaisée.

Né à la mi-septembre en région parisienne, le mouvement a essaimé dans toute la France. Les jeunes réclament davantage de moyens et dénoncent la pression de Parcoursup, les professeurs non remplacés, des bâtiments délabrés ou des emplois du temps trop lourds. L’Union syndicale des lycéens maintient deux exigences, la suppression de Parcoursup et un plan de dix milliards d’euros pour les lycées. Les manifestants espèrent aussi faire cause commune avec la mobilisation contre la vie chère prévue samedi, jour de départ des vacances de la Toussaint. Une manière de dire que le bras de fer pourrait bien se poursuivre à la rentrée.

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