Monde
L’Équateur conteste fermement les allégations de violation de l’espace aérien colombien

_**Le président Noboa rejette catégoriquement les accusations de son homologue Petro, qui affirme qu’une bombe a été larguée par un avion équatorien en territoire voisin. Les tensions diplomatiques entre les deux nations s’exacerbent sur fond de lutte contre les narcotrafiquants.**_
Le chef de l’État équatorien a formellement démenti, ce mardi, les déclarations de son homologue colombien. Gustavo Petro soutenait, la veille, détenir des éléments attestant qu’un engin explosif avait été largué depuis un aéronef équatorien sur le sol colombien, près de la frontière commune. Daniel Noboa a rétorqué sur les réseaux sociaux que les opérations militaires de son pays se déroulaient strictement dans son propre espace national. Il a imputé à l’administration colombienne une certaine négligence dans le contrôle frontalier, permettant selon lui l’infiltration de groupes criminels, majoritairement colombiens, sur le territoire équatorien.
En réponse, le président colombien a publié une photographie d’un dispositif militaire apparemment intact, tombé à proximité d’une habitation rurale. Il a exigé une enquête approfondie sur cet incident survenu dans la zone frontalière. Cette polémique intervient dans un climat de relations bilatérales déjà tendues, marquées récemment par l’imposition de mesures douanières par Quito à l’encontre de Bogota. L’Équateur reproche à la Colombie son insuffisance présumée dans la lutte contre les trafics illicites.
Le différend s’inscrit dans un cadre stratégique plus large. L’Équateur participe activement à une initiative régionale de sécurité, soutenue par Washington, visant à combattre le narcotrafic. La Colombie, tout comme d’autres nations latino-américaines, n’a pas été associée à cette coalition. Ces dernières semaines, les forces équatoriennes ont mené plusieurs opérations militaires, dont certaines avec appui technique américain, ciblant des camps présumés de groupes armés et de narcotrafiquants le long de la frontière. Une vaste opération de deux semaines, accompagnée de couvre-feux locaux, est d’ailleurs en cours dans plusieurs provinces côtières.
La zone frontalière, longue d’environ six cents kilomètres, constitue un axe majeur pour les activités illicites. Des guérillas, des cartels de la drogue et des réseaux criminels transnationaux y sont implantés, profitant de la porosité de la limite pour leurs trafics de stupéfiants, d’armes et d’êtres humains, ainsi que pour l’exploitation minière illégale. Cette région est un corridor critique pour l’exportation de cocaïne, produite principalement en Colombie et au Pérou, via les ports équatoriens sur l’océan Pacifique. La gestion sécuritaire de cette frontière reste un enjeu complexe et source de frictions récurrentes entre les deux capitales.

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