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Culture

Leonardo Padura face à l’incertitude cubaine

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L’écrivain cubain témoigne de la réalité quotidienne d’une île plongée dans une crise aggravée par les sanctions américaines.

L’auteur cubain le plus lu au monde, Leonardo Padura, évoque le poids grandissant de l’incertitude sur son pays. Agé de 70 ans, il s’est confié à l’AFP lors d’une escale parisienne pour la promotion de son dernier roman « Aller à La Havane ». Son île vit sous embargo américain depuis 1962 et traverse une profonde crise économique, renforcée par de nouvelles sanctions pétrolières imposées par Washington.

D’abord réticent à aborder le sujet, Padura finit par décrire comment la réalité s’immisce dans son travail. « À Cuba, la réalité ne frappe pas à la porte, elle l’ouvre et entre chez toi », dit-il. Même pour un écrivain privilégié, les coupures de courant et le manque d’essence perturbent le quotidien. Il confie à son frère que chaque trajet en voiture pourrait être le dernier.

« Aller à La Havane » était pour lui une dette envers sa ville natale. Aujourd’hui, s’il devait décrire la capitale cubaine, il constaterait plus de délabrement mais des besoins inchangés. Il compare l’époque des Rolling Stones et de la visite d’Obama à la situation actuelle, comme si Cuba avait changé de monde.

Padura craint que la pression américaine ne mène à une opération militaire aux conséquences terribles. Quant à l’avenir, il le voit comme « un immense point d’interrogation », une incertitude universelle mais particulièrement douloureuse pour Cuba.

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