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Léon XIV en terre d’Augustin, un pèlerinage algérien sous haute tension

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_**Le souverain pontife a entamé une visite historique en Algérie, marquée par une étape spirituelle à Annaba et éclipsée par un attentat non revendiqué ainsi que par des critiques venues des États-Unis.**_

Le pape Léon XIV a poursuivi mardi son déplacement en Algérie par une étape à forte dimension personnelle. Arrivé à Annaba, l’antique Hippone, il a marché sur les traces de saint Augustin, figure majeure de la pensée chrétienne et père fondateur de l’ordre religieux dont est issu le pontife. Cette visite, la première d’un chef de l’Église catholique dans le pays, revêt une portée symbolique considérable dans une nation où les fidèles catholiques sont extrêmement minoritaires.

La journée a débuté par une cérémonie sur le site archéologique romain, où le pape a planté un olivier sous une pluie battante. Une chorale a interprété des hymnes en latin, en amazigh et en arabe, inspirés des écrits d’Augustin sur la paix. Léon XIV s’est ensuite rendu dans une maison d’accueil pour personnes âgées démunies, gérée par des religieuses catholiques, où il a prononcé un plaidoyer pour l’humilité et le service. L’après-midi était consacré à une célébration eucharistique en la basilique Saint-Augustin, en présence de plusieurs centaines de fidèles et de religieux venus de divers pays africains.

Ce moment de recueillement contraste avec le climat général de cette tournée. Dès son arrivée lundi à Alger, le message de paix et de fraternité interreligieuse du pape a été assombri par un événement violent. Une explosion suicide s’est produite dans la ville de Blida, à une quarantaine de kilomètres de la capitale. Les autorités algériennes n’ont fait aucune déclaration à ce sujet, pas plus que les médias nationaux, alors que des sources occidentales et des images authentifiées confirment l’incident. Il s’agirait du premier attentat de ce type dans le pays depuis plus de six ans.

La dimension diplomatique du voyage a également été perturbée par des déclarations venues de Washington. L’ancien président américain Donald Trump a exprimé son désaccord avec les positions du souverain pontife, l’accusant notamment de soutenir le programme nucléaire iranien. Son vice-président, JD Vance, a pour sa part invité le Vatican à se cantonner aux questions morales. Face à ces critiques, Léon XIV a réaffirmé le devoir de l’Église de se prononcer contre la guerre, tout en indiquant ne pas souhaiter engager de polémique avec l’administration américaine.

Lors de son premier jour en Algérie, le pape s’était exprimé devant le Monument des martyrs, évoquant la nécessité du pardon et mettant en garde contre la transmission du ressentiment entre les générations. Il avait également rencontré le président Abdelmadjid Tebboune, devant lequel il a plaidé pour une société civile dynamique et le respect des libertés. Son programme incluait également un recueillement à la basilique Notre-Dame d’Afrique, en mémoire des religieux assassinés durant la guerre civile des années 1990.

Cette visite en Algérie s’inscrit dans une tournée africaine plus large qui doit conduire le pontife au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale jusqu’à la fin du mois. Un périple exigeant, dont l’agenda reste chargé malgré les défis sécuritaires et les tensions politiques qui en compliquent le déroulement.

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