Société
L’Élysée oppose son inviolabilité à une perquisition judiciaire
_**Des enquêteurs financiers se sont vu refuser l’accès au palais présidentiel, dans le cadre d’une enquête sur l’attribution de marchés publics liés à des cérémonies nationales.**_
Le palais de l’Élysée a refusé, mardi, l’entrée à des enquêteurs du Parquet national financier venus procéder à une perquisition. Cette démarche, visant des services de la présidence de la République, a été éconduite au nom de l’inviolabilité des locaux présidentiels. Les magistrats instructeurs et les policiers de la brigade financière anticorruption se sont heurtés à une interprétation stricte de l’article 67 de la Constitution, qui garantit l’irresponsabilité du chef de l’État pour les actes accomplis dans l’exercice de ses fonctions.
Dans un communiqué, le procureur national financier a confirmé que l’accès n’avait pas été autorisé. L’Élysée, pour sa part, a indiqué que les documents administratifs détachables de l’activité du président seraient communiqués sur demande. Cette séquence intervient dans le cadre d’une information judiciaire ouverte début octobre pour des soupçons de favoritisme, prise illégale d’intérêts, corruption et trafic d’influence.
Les investigations portent sur les conditions d’attribution de marchés publics relatifs à l’organisation de cérémonies de panthéonisation et d’autres événements commémoratifs confiés au Centre des monuments nationaux. Selon des informations de presse, les enquêteurs s’intéressent notamment au rôle d’une société d’événementiel, Shortcut Events, qui aurait remporté de manière répétée les appels d’offres pour l’organisation des entrées au Panthéon sur une période de plus de vingt ans. Le montant unitaire de ces prestations serait évalué à environ deux millions d’euros.
Cette même entreprise aurait également été chargée de l’organisation d’autres cérémonies officielles d’envergure. La série de marchés attribués à cette société semble avoir pris fin récemment avec le choix d’une autre agence pour la panthéonisation de Robert Badinter. Le Parquet national financier avait ouvert une enquête préliminaire sur ce dossier dès décembre 2023, avant le déclenchement de l’information judiciaire actuelle. Une perquisition au siège de la présidence de la République constitue une procédure extrêmement rare, la dernière remontant à l’affaire Benalla en 2018.
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