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Lecornu juge insuffisantes les propositions de ses ministres contre le narcotrafic

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Le Premier ministre a critiqué ses ministres lors du premier comité interministériel consacré à la lutte contre la criminalité organisée, exigeant un changement d’échelle dans la réponse.

Sébastien Lecornu a recadré vendredi les membres de son gouvernement réunis pour un comité interministériel inédit sur le narcotrafic. Selon son entourage, il a qualifié le travail fourni de « propositions techniques et insuffisantes », estimant que « le compte n’y est pas ». Le chef du gouvernement a exigé un changement d’échelle face à la menace que représente la criminalité organisée, alors que les meurtres liés aux trafics se multiplient.

La réunion, qui a duré moins de deux heures, a rassemblé douze ministres, dont Laurent Nuñez à l’Intérieur, Gérald Darmanin à la Justice, Jean-Pierre Farandou au Travail, Edouard Geffray à l’Éducation, ainsi que la porte-parole Maud Bregeon. Aucune communication officielle n’a suivi. En fin d’après-midi, l’entourage du Premier ministre a révélé son mécontentement, ajoutant qu’il allait s’investir personnellement dans le dossier, car celui-ci ne saurait être uniquement le sujet de Nuñez et Darmanin. Edouard Geffray a été désigné comme acteur de première ligne.

Les ministres concernés ont réagi avec conciliation. L’entourage de Laurent Nuñez a salué un constat partagé sur la mutation de la criminalité organisée, malgré les efforts des services. Gérald Darmanin s’est félicité de la dimension interministérielle, rappelant des actions comme la création du parquet national contre la criminalité organisée et les prisons de haute sécurité. Les ministres sont invités à revoir leur copie avant un prochain comité, avec une méthode différente.

Depuis son arrivée à Matignon, Sébastien Lecornu s’était peu investi dans ce dossier, hormis après l’assassinat en novembre 2025 à Marseille de Mehdi Kessaci. Le gouvernement fait face depuis le début de l’année à une série de meurtres liés au narcotrafic, avec une implication croissante de mineurs comme victimes ou auteurs. Nantes, Grenoble, Nice, Rennes ou Lyon figurent désormais parmi les villes touchées, Marseille n’étant plus la seule. L’exécutif clame sa détermination totale, mais enquêteurs et magistrats tirent la sonnette d’alarme. À Grenoble, le procureur a évoqué une « sinistre comptabilité » avec dix hommes tués par balle en six mois dans une guerre de territoire. L’argent de la drogue est colossal, avec un chiffre d’affaires estimé à 7 milliards d’euros en 2023 en France. En 2024, 367 assassinats ou tentatives entre délinquants ont été recensés, dont 110 morts et 341 blessés, soit une hausse de 33 % depuis 2021.

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