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Le viêtnam mise sur le stade le plus démesuré du monde un pari à 35 milliards

L’enceinte géante de Hanoï, avec ses 135 000 places, pourrait devenir la plus vaste de la planète. Mais alors que les matchs locaux attirent à peine 6 000…

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Le viêtnam mise sur le stade le plus démesuré du monde un pari à 35 milliards

L’enceinte géante de Hanoï, avec ses 135 000 places, pourrait devenir la plus vaste de la planète. Mais alors que les matchs locaux attirent à peine 6 000 spectateurs, beaucoup s’interrogent sur l’utilité d’un tel monstre.

Le chantier du stade Hug Vuong avance à vitesse grand V. Porté par le groupe Vingroup et l’État vietnamien, cet écrin doit être livré dès l’été 2027, avec un an d’avance. L’objectif est clair : dépasser le mythique stade Rungrado de Pyongyang, dont la capacité réelle est contestée. Mais le projet soulève une question évidente. Pourquoi bâtir un tel mastodonte dans un pays où l’affluence moyenne en première division nationale plafonne à 6 000 personnes par match ? Le complexe englobe aussi des infrastructures olympiques, mais c’est bien le football qui doit en être le moteur principal.

Les doutes ne viennent pas de nulle part. James Walton, expert en économie du sport chez Deloitte Asie, le dit sans détour. Il est peu probable qu’un stade de 135 000 places trouve sa justification dans la seule demande du football vietnamien. Même si le sport est ultra populaire dans le pays, les chiffres du championnat local ne trompent pas. Des concerts sont également prévus pour remplir les gradins, mais la viabilité économique reste un casse-tête. Le coût global du stade atteindrait 35 milliards de dollars, un montant vertigineux.

Pourtant, les autorités voient plus loin. Ce stade s’inscrit dans un plan de modernisation massif de 200 milliards de dollars pour tout le pays, avec l’ambition de maintenir une croissance à deux chiffres jusqu’en 2030. Pour Tran Thi Mong Tuyen, chercheuse au Pacific Forum, les infrastructures doivent parfois précéder la demande dans une économie en plein boom. Elle reconnaît néanmoins les risques de sous-utilisation et de rentabilité retardée. Le pari est énorme. Mais si le Vietnam veut un jour accueillir une Coupe du monde, il faudra bien commencer quelque part. Et ce stade, aussi démesuré soit-il, envoie un signal fort au monde du sport.

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