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Le Premier ministre et Mathilde Panot s’affrontent sur l’héritage de Lyhanna

La mort de Lyhanna, 11 ans, secoue la France et provoque une passe d’armes à l’Assemblée nationale. Sébastien Lecornu accuse La France insoumise de…

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Le Premier ministre et Mathilde Panot s'affrontent sur l'héritage de Lyhanna

La mort de Lyhanna, 11 ans, secoue la France et provoque une passe d’armes à l’Assemblée nationale. Sébastien Lecornu accuse La France insoumise de vouloir « récupérer » le drame, tandis que Mathilde Panot réclame des milliards pour lutter contre les violences sexistes.

C’est l’un des échanges les plus tendus de la semaine dans l’hémicycle. Mercredi, le Premier ministre Sébastien Lecornu a répondu à la cheffe des députés LFI, Mathilde Panot, qui l’interrogeait sur les violences sexistes et sexuelles. Elle lui demandait de débloquer trois milliards d’euros pour agir concrètement. Il l’a accusée de faire de la « récupération politique » et du « cynisme ». Le ton est monté très vite, les interruptions ont été nombreuses. Derrière cet affrontement, une question brûlante : comment la société doit-elle réagir après la mort de la petite Lyhanna, retrouvée assassinée dans le Gers début juin, alors que le principal suspect n’avait jamais été inquiété malgré plusieurs signalements ?

Mathilde Panot n’a pas mâché ses mots. Elle a prévenu le Premier ministre qu’il « n’échapperait pas à la colère qui monte dans le pays ». En retour, Sébastien Lecornu a estimé que la manière dont elle posait la question trahissait une volonté de « politiser » le drame. Il a dénoncé des députés « dans l’insulte, dans l’invective et dans les cris », leur demandant de cesser de « hurler ». Quand la députée a évoqué le Planning familial qui « licencie », le Premier ministre l’a accusée de « flagrant délit de récupération ». Pourtant, il s’est dit prêt à discuter des moyens, « y compris ceux des associations ». De son côté, la cheffe des insoumis a affirmé être « révoltée » par cette réponse qu’elle juge « médiocre et politicienne ». Pour elle, faire de la lutte contre les violences sexistes une « grande cause du quinquennat » sans y mettre un seul euro, c’est inacceptable.

Au-delà de l’altercation politique, le gouvernement assure vouloir avancer. Sébastien Lecornu a rappelé qu’il a reçu plusieurs députés porteurs d’une proposition de loi dite « intégrale » contre ces violences. Il a aussi indiqué avoir commencé à travailler avec la présidente de l’Assemblée sur ce que permet la saisine du Conseil d’État. Mais ce face-à-face brutal révèle un fossé profond. D’un côté, l’exécutif refuse toute instrumentalisation et défend une « réponse de la société toute entière ». De l’autre, une partie de la gauche exige des actes budgétaires immédiats, estimant que les mots ne suffisent plus. L’affaire Lyhanna a mis en lumière les failles d’un système qui n’a pas protégé une enfant. Et ce jour-là, dans l’hémicycle, ce ne sont pas seulement deux politiques qui se sont affrontés. C’est aussi deux visions de l’urgence et de la justice.

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