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Le natto, ce soja visqueux qui fait de plus en plus d’adeptes à travers le monde

Avec son odeur âcre, sa texture gluante et son goût puissant, le natto divise ceux qui l’essaient. Pourtant, cet aliment fermenté typiquement japonais…

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Le natto, ce soja visqueux qui fait de plus en plus d’adeptes à travers le monde

Avec son odeur âcre, sa texture gluante et son goût puissant, le natto divise ceux qui l’essaient. Pourtant, cet aliment fermenté typiquement japonais voit ses exportations exploser et séduit au-delà des frontières.

Wesley Smith, touriste américain en vacances à Tokyo, attrape ses baguettes et plonge dans son bol de natto. « Au début, c’est un peu étrange », avoue-t-il. Mais au bout de quelques bouchées, il finit par apprécier cette spécialité à base de soja fermenté. « C’est comme un fromage fort, ça sent les chaussettes sales, mais on finit par aimer », ajoute ce quadragénaire venu de l’Arizona. Le natto, c’est un peu le camembert japonais. Ses fils translucides et collants, son arôme de levure aigre, tout cela en fait un aliment clivant. Pourtant, il s’impose doucement sur la scène mondiale, aux côtés d’autres aliments fermentés comme le kimchi ou le kombucha.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Depuis 2017, les exportations japonaises de natto ont triplé pour atteindre plus de 5 200 tonnes en 2025. La Chine et les États-Unis sont les premiers clients. À Los Angeles, Kenji Suzuki, propriétaire du restaurant Suehiro, voit de plus en plus de non-Japonais oser la dégustation. « Les réseaux sociaux ont parlé de ses qualités de super-aliment, alors les gens veulent savoir si c’est vraiment aussi mauvais qu’on le raconte », explique-t-il. Résultat, certains détestent, d’autres adorent. Pour Maya Bourdeau, épouse de Wesley Smith, le natto ressemble à du vin naturel avec son « petit goût différent ». Elle remue son bol de bibimbap garni de natto pour le rendre encore plus filandreux. Son mari, lui, doute que les Américains adoptent cette texture si particulière. « Il n’y a rien dans la cuisine américaine qui soit aussi visqueux », lance-t-il.

Le natto ne séduit pas que par son goût. Riche en fibres et en protéines, il est réputé pour renforcer le système immunitaire, améliorer la digestion et favoriser la densité osseuse. Au Japon, c’est aussi un champion des petits budgets. Un lot de trois barquettes de 40 à 50 grammes coûte environ 100 yens, soit 50 centimes d’euro. Mais même ce plat économique n’échappe pas à l’inflation. Yoshihiro Noro, ancien président de la Fédération japonaise des coopératives de natto, pointe une hausse des prix liée à la guerre au Moyen-Orient et à une pénurie de naphta, un sous-produit du pétrole utilisé pour fabriquer les barquettes. Pourtant, il y voit aussi une chance. « Le natto peut dépasser son image de plat du pauvre », estime-t-il. Son entreprise produit le Kamakurayama Natto, un natto « extrêmement filandreux » mais sans odeur ni amertume, trois fois plus cher que la moyenne. Il s’exporte déjà à Hong Kong, Shanghai, Singapour et même en Norvège. « J’ai entendu dire que dans certains pays, des gens se forcent à en manger pour la santé, même s’ils détestent le goût. Mais continuez, et vous deviendrez accro », assure Yoshihiro Noro. Une promesse qui pourrait bien convaincre les plus réticents.

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