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Le milliardaire qui veut mater les groupes armés colombiens
Abelardo de la Espriella, surnommé Le Tigre, vient de remporter la présidentielle colombienne. Cet admirateur de Trump promet une guerre sans pitié contre…


Abelardo de la Espriella, surnommé Le Tigre, vient de remporter la présidentielle colombienne. Cet admirateur de Trump promet une guerre sans pitié contre les narcotrafiquants.
Cet homme d’affaires de 47 ans n’a rien d’un politicien classique. Avocat de formation, il a bâti sa renommée en défendant d’anciens paramilitaires, des narcotrafiquants, des footballeurs et même un homme impliqué dans une vaste fraude pyramidale. Pendant la campagne, il aime se présenter en sauveur de la patrie. Il a quitté sa vie luxueuse à Florence, en Italie, pour affronter ce qu’il appelle la destruction du pays. Sur scène, derrière une vitre pare-balles, il enfile le maillot jaune de l’équipe nationale et fait le salut militaire devant ses partisans. Marié et père de quatre enfants, il dit s’être rapproché de Dieu après s’être longtemps revendiqué athée.
Sa méthode pour rétablir l’ordre est inspirée de deux figures fortes de la droite mondiale : le Salvadorien Nayib Bukele et l’Argentin Javier Milei. Abelardo de la Espriella veut construire dix méga-prisons. Les détenus seraient enfermés « dix étages sous terre » et nourris « de pain et d’eau ». Il promet de réduire de 40% l’appareil d’État et compare la gestion du pays à celle d’une entreprise. Selon lui, seuls ceux qui ont créé de la richesse devraient gouverner. Cet ancien athée devenu croyant ne cache pas son mépris pour les politiciens traditionnels. Il a reçu le soutien de Donald Trump et de l’ancien président colombien Alvaro Uribe.
Ses déclarations choc ont marqué la campagne. Il a dû présenter des excuses après avoir suggéré qu’il fallait « éventrer » la gauche. Dans une interview, il a raconté comment, adolescent, il attachait de la poudre à canon à des chats pour les faire exploser en l’air avant de dire qu’il plaisantait. Ses propos sexistes et homophobes ont été dénoncés. Mais cela ne l’a pas empêché de séduire un électorat las de la violence qui gangrène le pays. Premier producteur mondial de cocaïne, la Colombie subit une recrudescence des attaques liées aux groupes armés. La politique de « paix totale » du président sortant, Gustavo Petro, a échoué. Abelardo de la Espriella arrive avec une promesse simple : une main de fer, des milliards, et zéro compromis.
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