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Le Kenya dénonce le déséquilibre mondial au sommet de Nairobi

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Le président William Ruto a vivement critiqué les inégalités diplomatiques et financières qui frappent l’Afrique, appelant à une réforme des institutions internationales.

Lors du sommet Africa Forward qui se tient à Nairobi, le chef de l’État kényan a dénoncé avec vigueur le traitement réservé au continent sur la scène mondiale. Devant une trentaine de dirigeants africains et en présence du président français Emmanuel Macron, il a plaidé pour une représentation équitable de l’Afrique, en particulier au Conseil de sécurité des Nations unies. Selon lui, il est inacceptable qu’un continent de près de 1,6 milliard d’habitants et de 54 nations souveraines demeure privé d’un siège permanent au sein de cette instance.

William Ruto a souligné que l’Afrique ne demande aucun privilège, mais simplement de la justice. Il a estimé que l’absence de voix africaine dans les décisions internationales nuit à la crédibilité du système multilatéral. En réponse, Emmanuel Macron a réaffirmé le soutien de la France à une meilleure représentation africaine, tant au Conseil de sécurité que dans les institutions financières mondiales.

Le président kényan a également fustigé les déséquilibres du système financier international, pointant du doigt les coûts d’emprunt excessifs, les restrictions d’accès aux financements et les préjugés des agences de notation. Ces obstacles freinent, selon lui, la capacité de l’Afrique à investir dans ses infrastructures et son industrialisation. Il a rappelé que le continent dispose pourtant de réserves de capitaux considérables, avec plus de 4 000 milliards de dollars d’épargne à long terme inutilisée.

Pour William Ruto, l’Afrique doit apprendre à financer son propre développement, sans dépendre uniquement des institutions internationales comme la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international. Il a appelé à une meilleure intégration économique entre les pays africains, notamment par le biais de la Zone de libre-échange continentale africaine, dont le potentiel reste largement sous-exploité. Le commerce intra-africain ne représente en effet que 15 % des échanges du continent.

En marge du sommet, Emmanuel Macron a annoncé un ensemble d’investissements de 23 milliards d’euros pour l’Afrique, dont 14 milliards provenant de capitaux français majoritairement privés. Cette annonce illustre, selon lui, la volonté de renouveler les relations avec le continent, après des années de tensions avec plusieurs anciennes colonies francophones.

William Ruto a conclu son intervention en affirmant que l’Afrique ne constitue pas un problème pour le monde, mais une solution. Il a mis en avant les richesses naturelles du continent, ses minerais stratégiques, ses terres fertiles, son potentiel en énergies renouvelables et sa population jeune. Il a estimé que l’Afrique avait une opportunité historique de mener la transition énergétique mondiale, à condition que celle-ci s’accompagne d’un véritable développement et d’une industrialisation du continent.

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