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Le G7 agricole face à la pénurie d’engrais qui menace les récoltes mondiales

Les ministres de l’Agriculture du G7 se sont réunis en France pour parler engrais et sécurité des approvisionnements. Aucune décision ferme n’est sortie…

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Le G7 agricole face à la pénurie d'engrais qui menace les récoltes mondiales

Les ministres de l’Agriculture du G7 se sont réunis en France pour parler engrais et sécurité des approvisionnements. Aucune décision ferme n’est sortie de cette rencontre, mais les discussions doivent nourrir le prochain sommet des chefs d’État à Évian.

Le conflit au Moyen-Orient, et notamment la guerre en Iran, a mis un coup de projecteur sur une question cruciale. Environ 30% des engrais mondiaux transitent par le détroit d’Ormuz, aujourd’hui quasi fermé. Résultat: les prix des fertilisants s’envolent, avec une hausse de 50% en moyenne et jusqu’à 70% pour l’urée, un engrais azoté très utilisé et produit dans la région. Pour les agriculteurs, c’est une épée de Damoclès sur leurs coûts de production et la viabilité de leurs exploitations. Lundi, les sept grandes puissances agricoles (États-Unis, Canada, Japon, Allemagne, Italie, Royaume-Uni, France) ont donc tenté de coordonner leurs réponses.

Concrètement, aucun plan d’action immédiat n’a été annoncé. Les ministres se sont accordés sur la nécessité de travailler ensemble pour sécuriser les approvisionnements, réduire la dépendance aux engrais fossiles et partager davantage d’informations sur la recherche et l’innovation. Côté français, on mise sur le «Plan engrais» en cours d’élaboration, qui vise à optimiser l’utilisation des fertilisants et à se passer progressivement des engrais azotés de synthèse. Plusieurs pistes sont sur la table: diversifier les sources d’approvisionnement, consommer plus d’engrais organiques comme le lisier ou le purin d’orties, et même constituer des stocks stratégiques. Cette dernière option comporte des risques, notamment une possible hausse des prix et des questions de sécurité, puisque les engrais peuvent être explosifs. Le ministère français n’a pas souhaité commenter cette piste.

L’Europe importe 60% de ses engrais, mais elle est moins exposée que l’Asie ou l’Afrique aux ruptures d’approvisionnement directes. L’impact sur les prix est pourtant mondial. Les agriculteurs qui ont déjà acheté leurs engrais pour 2026 ne sont pas immédiatement touchés, mais la question se posera dès la fin de l’été pour les semis de céréales d’hiver comme le blé ou l’orge. Si les prix restent élevés, les agriculteurs pourraient réduire leurs doses d’engrais, ce qui ferait baisser les rendements des récoltes mondiales. Les récoltes de 2027 sont donc en ligne de mire. Au-delà de l’urgence économique, le sujet est aussi environnemental: les engrais représentent environ 5% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit autant que le secteur aérien. Réduire la dépendance aux engrais fossiles serait donc un double gain, pour le climat et pour la souveraineté alimentaire.

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