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Keiko Fujimori contre Roberto Sanchez le Pérou retient son souffle

Les dépouillements s enlisent et aucun vainqueur ne se dégage après le second tour de la présidentielle. Plus de 400 000 bulletins contestés vont décider…

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Keiko Fujimori contre Roberto Sanchez le Pérou retient son souffle

Les dépouillements s enlisent et aucun vainqueur ne se dégage après le second tour de la présidentielle. Plus de 400 000 bulletins contestés vont décider du sort du pays plongé dans une grave crise politique.

Le Pérou vit un suspens électoral haletant. Avec plus de 94% des bureaux de vote dépouillés, Roberto Sanchez est passé en tête pour la première fois avec 50,03% des voix, juste devant Keiko Fujimori qui recueille 49,97%. Mais ces chiffres ne sont pas définitifs. Les procès-verbaux contestés doivent encore être examinés, ce qui pourrait prendre plusieurs jours. La candidate de droite appelle à la patience et à la sérénité, tandis que son rival de gauche promet de respecter le résultat final. Dans les rues de Lima, les partisans des deux camps célèbrent déjà comme si la victoire était acquise, mais l’issue reste totalement incertaine.

Ce duel révèle une fracture profonde dans la société péruvienne. Keiko Fujimori, fille de l ancien président autocratique Alberto Fujimori, brigue la présidence pour la quatrième fois. Elle mise sur la sécurité, promettant de déployer l armée contre l insécurité galopante qui terrorise Lima, où le nombre d homicides a triplé en cinq ans. Roberto Sanchez, député et ancien ministre coiffé d un chapeau paysan, incarne le vote des régions andines et rurales. Il veut restaurer la confiance dans les institutions, réformer la police et renforcer la justice. Chacun porte un projet radicalement différent, et aucun ne fait l unanimité.

Le futur président devra composer avec un Parlement puissant où aucun des deux candidats n a la majorité. Nouer des alliances sera crucial pour éviter une nouvelle chute, comme celle de huit chefs d État depuis 2016. L analyste Paulo Vilca résume bien la situation quiconque l emportera aura la moitié du pays contre lui. Le Pérou attend de savoir quel camp l emportera, mais la crise politique, elle, est déjà bien installée. Le 28 juillet, le nouveau président prendra ses fonctions, avec pour défi de rassembler un pays plus divisé que jamais.

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