Économie
Le destin des actifs de Brandt entre les mains du tribunal de Nanterre

_**Le sort des marques et des outils industriels de l’ancien fleuron français de l’électroménager doit être fixé ce vendredi. La priorité du liquidateur est désormais de combler les créances, éloignant la perspective d’une renaissance de l’activité historique.**_
Le tribunal judiciaire de Nanterre s’apprête à rendre une décision déterminante concernant le patrimoine de l’ancien groupe Brandt. Après la liquidation prononcée en décembre dernier, la procédure vise à satisfaire les créanciers en attribuant les différents actifs, parmi lesquels figurent des marques emblématiques comme Vedette, Sauter ou De Dietrich. Trente-six offres de reprise ont été déposées, la majorité d’entre elles ciblant exclusivement les stocks de produits et les pièces détachées.
Les montants en jeu sont considérables, les créances étant évaluées à près de deux cents millions d’euros. Plusieurs acteurs économiques ont manifesté leur intérêt. Le groupe Fnac-Darty a proposé près de trois millions d’euros pour acquérir certaines marques et un important stock. Le spécialiste du déstockage Noz a, de son côté, formulé une offre de 4,5 millions d’euros centrée sur les articles à écouler. L’opérateur Cafom a présenté la proposition la plus substantielle, d’environ trente et un millions d’euros, pour reprendre l’ensemble des marques et des stocks.
Seules quelques propositions envisagent une pérennisation de l’outil industriel et le maintien d’emplois. Une offre portée par la région Centre-Val de Loire et la métropole d’Orléans, en partenariat avec l’entreprise néo-calédonienne Gladius, ambitionne de relancer à terme la production sur le site historique près d’Orléans. Ce projet, dont le financement global avoisinerait quarante millions d’euros, entend d’abord assurer la continuité du service après-vente. Une autre initiative, soutenue par l’entrepreneur Stéphan Français, propose de fusionner les activités de Brandt avec la production électronique de sa société, avec l’objectif de constituer un noyau de cent cinquante salariés.
Les salariés, pour leur part, anticipent peu un retour dans l’entreprise. Plusieurs centaines d’entre eux ont participé cette semaine à un forum de recrutement organisé à Orléans pour faciliter leur reconversion. La décision du tribunal marquera la conclusion définitive d’un long processus judiciaire et scellera le devenir de ce qui fut l’un des derniers symboles de l’électroménager fabriqué en France.

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