Monde
Le Coleo, une tradition vénézuélienne entre passion et polémique

Dans les plaines du Venezuela, la pratique ancestrale du coleo, un rodéo consistant à faire chuter un taureau par la queue, continue de fasciner les foules tout en suscitant de vives critiques quant au traitement des animaux.
Quatre cavaliers se pressent près du toril, leurs montures nerveuses. Lorsque le jeune bovin est lâché, la course s’engage immédiatement. L’objectif pour chaque participant est clair. Il s’agit de saisir la queue de l’animal lancé au galop et de le déséquilibrer pour le faire choir sur le sol. Cette discipline, profondément ancrée dans la culture des plaines, rassemble des centaines de pratiquants et des milliers de spectateurs lors des foires régionales, comme celle de San Fernando de Apure.
La scène se déroule dans un couloir étroit et sablonneux de deux cents mètres. Les cavaliers, vêtus de protections et souvent masqués, rivalisent d’audace et d’agilité. Penchés au maximum sur le côté, ils doivent, au terme d’une manœuvre périlleuse, tirer la queue du taureau tout en le dépassant pour provoquer sa chute. L’exercice se répète durant plusieurs minutes, au rythme effréné d’une musique traditionnelle et sous les commentaires d’un juge. Pour beaucoup de participants, cette pratique est un héritage familial, transmis dès l’enfance et considéré comme un élément fondamental de l’identité locale.
Cette tradition, que les historiens relient à la période coloniale, dépasse les frontières vénézuéliennes et se retrouve sous diverses formes dans d’autres nations d’élevage, des plaines colombiennes aux rodéos nord-américains. Ses défenseurs la présentent comme le sport national, une démonstration de courage et de maîtrise équestre. Ils soulignent également que les bovins utilisés sont des animaux d’élevage destinés à la consommation.
Cependant, cette popularité ne va pas sans controverse. Des organisations de protection animale dénoncent régulièrement ce qu’elles qualifient de sévices infligés à des créatures sans défense. Elles pointent du doigt la violence des gestes, la répétition des chutes et l’état de stress visible des animaux, appelant à une interdiction pure et simple de ces spectacles. Le débat oppose ainsi deux visions, l’une culturelle et patrimoniale, l’autre éthique, sans qu’un consensus ne semble émerger dans l’arène publique.

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