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Le cinéma espagnol en force à Cannes avec trois films en lice pour la Palme d’or

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Pour la première fois de son histoire, le cinéma espagnol place trois longs métrages en compétition officielle au Festival de Cannes, une consécration portée par le talent et des financements solides.

Jamais le cinéma ibérique n’avait connu une telle représentation sur la Croisette. Avec le vétéran Pedro Almodóvar, sélectionné pour la septième fois, le réalisateur confirmé Rodrigo Sorogoyen et les outsiders Javier Calvo et Javier Ambrossi, l’Espagne s’impose comme l’une des grandes forces de cette édition. Au début des années 1950, trois films espagnols avaient déjà été retenus, mais la Palme d’or n’existait pas encore et le paysage cinématographique mondial était bien différent. Cette année, la donne a changé.

Pedro Almodóvar a salué une « excellente nouvelle » dès l’annonce de la sélection. Il a souligné la diversité des trois œuvres, issues de générations distinctes de cinéastes. Thierry Frémaux, délégué général du festival, a évoqué un « mouvement en cours dans le cinéma espagnol ». L’an dernier déjà, deux films du pays étaient en compétition et avaient marqué les esprits : « Sirat » d’Oliver Laxe et « Romeria » de Carla Simon. Les trois films de cette année ont tous été tournés en Espagne.

Almodóvar présente « Autofiction », où il dresse le portrait d’un cinéaste en proie à l’angoisse et au doute créatif, son alter ego. Malgré sept sélections, il n’a jamais remporté la Palme d’or, mais il a obtenu plusieurs distinctions, dont le prix d’interprétation masculine en 2019 pour Antonio Banderas dans « Douleur et gloire » et le prix du scénario ainsi qu’un prix collectif d’interprétation féminine pour « Volver » en 2006. Rodrigo Sorogoyen, qui avait présenté « As bestas » en section parallèle en 2022, fait son entrée en compétition officielle avec « L’être aimé ». Le film met en scène Javier Bardem dans le rôle d’un cinéaste célèbre tentant de renouer avec sa fille en l’intégrant à son travail.

Pour Javier Calvo et Javier Ambrossi, surnommés Los Javis en Espagne, il s’agit d’une première. Leur deuxième long métrage seulement les propulse dans la compétition la plus prestigieuse. Leur film explore les destins croisés de trois hommes homosexuels à partir d’un texte inachevé de Federico García Lorca, mêlant Histoire et revendications queer.

Ces cinq films, ceux de l’an dernier et ceux de cette année, témoignent d’une ambition nouvelle pour le cinéma espagnol, avec des budgets compris entre cinq et douze millions d’euros. L’expert Pau Brunet y voit un « écosystème cinématographique international de haut vol », capable de viser les plus grandes récompenses, à l’image de « Parasite » ou de « Valeur Sentimentale ». Sorogoyen et Los Javis incarnent un courant de cinéastes capables de conjuguer productions commerciales et œuvres de festival. Leur succès s’appuie aussi sur celui de leurs séries, comme « La Mesias » pour Los Javis et « Los Años nuevos » pour Sorogoyen, un secteur en plein essor en Espagne grâce aux financements des plateformes et des groupes médias. La productrice Maria Zamora, qui portait « Romeria » l’an dernier, insiste sur le rôle clé du financement, public ou en coproduction. « À Cannes, l’argent doit accompagner le talent. C’est ce qui lui permet de briller et de se démarquer », a-t-elle affirmé.

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