Culture
Asghar Farhadi dénonce à Cannes les frappes et la répression en Iran


Le cinéaste iranien oscarisé a condamné les pertes civiles causées par les bombardements étrangers et la violente répression des manifestations populaires dans son pays.
Le réalisateur iranien Asghar Farhadi, présent en compétition au Festival de Cannes avec son nouveau long-métrage, a vivement critiqué ce vendredi les frappes israélo-américaines qui ont fait des victimes civiles en Iran, ainsi que la répression meurtrière des manifestations par le régime de Téhéran en janvier dernier. S’exprimant en farsi lors de la conférence de presse de présentation de son film « Histoires parallèles », tourné en français et projeté la veille, il a évoqué deux événements profondément douloureux.
Farhadi, figure majeure du cinéma iranien et double lauréat de l’Oscar du meilleur film étranger, a déploré la perte de nombreuses vies innocentes, dont des enfants, lors des attaques subies par l’Iran. Il a également rappelé les morts des manifestants descendus dans la rue pour protester, qualifiant leur sort de massacre. Pour lui, ces deux drames sont extrêmement pénibles et resteront gravés dans les mémoires.
Le cinéaste a martelé son refus catégorique de justifier la privation de vie humaine, que ce soit dans le cadre d’un conflit armé, d’exécutions ou de la répression de rassemblements pacifiques. L’Iran est engagé dans un conflit avec Israël et les États-Unis depuis fin février, un cessez-le-feu fragile étant entré en vigueur début avril. Avant cette guerre, le pays avait été secoué par d’importantes vagues de contestation populaire en janvier.
Les autorités iraniennes, qui attribuent ces soulèvements à une ingérence américaine, avancent un bilan de 3 000 morts. En revanche, les organisations de défense des droits humains basées à l’étranger estiment le nombre de victimes entre 7 000 et 35 000, principalement tuées par les forces de sécurité. Dans ce contexte, les artistes iraniens évoluent sous une censure sévère. Plusieurs réalisateurs ont connu la prison, à l’image de Mohammad Rassoulof, Palme d’or l’an dernier, qui a choisi l’exil en Allemagne.





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