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Le char du futur franco-allemand tangue, et Paris pourrait lâcher prise

Le projet de char MGCS, censé unir la France et l’Allemagne, vacille. Le patron de Rheinmetall alerte sur un possible retrait de Paris, après l’échec de…

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Le char du futur franco-allemand tangue, et Paris pourrait lâcher prise

Le projet de char MGCS, censé unir la France et l’Allemagne, vacille. Le patron de Rheinmetall alerte sur un possible retrait de Paris, après l’échec de l’avion de combat SCAF.

Le géant allemand de l’armement Rheinmetall tire la sonnette d’alarme. Son président, Armin Papperger, n’exclut pas que la France quitte le programme de char du futur MGCS, ce système censé remplacer le Leclerc et le Leopard 2 d’ici 2040. Dans un entretien, il évoque un « danger toujours présent », même si rien n’est encore acté. Ce qui inquiète surtout, c’est l’argent. La France prévoirait de réduire drastiquement son budget pour ce projet, le ramenant à moins de la moitié des prévisions initiales. Moins de moyens, c’est moins de performances et encore plus de retard. Et le calendrier est déjà très lourd : le programme traîne depuis une dizaine d’années, avec seulement 25 millions d’euros répartis entre les quatre entreprises impliquées.

Ce projet phare de la coopération franco-allemande a été lancé en 2017 par Emmanuel Macron et Angela Merkel. Mais depuis, l’enthousiasme est retombé. Les entreprises allemandes ont même lancé un plan B, le Leopard 3, qui pourrait être opérationnel dès le début des années 2030, soit dix ans avant le MGCS. « C’est un délai fou. Je ne peux pas dire aujourd’hui s’il y aura un jour un MGCS », lâche Papperger. Un aveu qui en dit long sur l’état des relations entre Paris et Berlin sur les grands programmes militaires. La mort récente du SCAF, l’avion de combat du futur, enterré lundi par les deux capitales, laisse planer un doute sérieux sur la capacité des deux pays à s’entendre.

L’ombre de ce divorce plane aussi sur un autre projet, l’Eurodrone. Selon des informations de la presse allemande, Dassault réclamerait une indemnisation à Airbus, car la France n’aurait pas prévu de fonds pour acheter ces drones avant 2035. Ce drone, développé avec l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, devait remplacer le Reaper américain. Mais sans commandes fermes de Paris, l’équilibre du programme vacille. La coopération industrielle franco-allemande, autrefois présentée comme le moteur de l’Europe de la défense, semble aujourd’hui rouler en sous-régime, freinée par les divergences budgétaires et stratégiques.

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