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L’Autriche juge deux anciens tortionnaires syriens pour crimes commis à Raqqa

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Le procès de deux ex-responsables syriens, un général et un policier, s’est ouvert lundi à Vienne pour des actes de torture sur des opposants entre 2011 et 2013. Ils risquent jusqu’à dix ans de prison pour ces exactions perpétrées dans le cadre de la répression du mouvement de contestation.

Le tribunal de Vienne a indiqué que le parquet reproche aux deux hommes d’avoir ordonné ou de ne pas avoir empêché les mauvais traitements infligés à vingt et un détenus. Ces faits visaient à réprimer le soulèvement populaire en Syrie. Les prévenus sont un ancien général de brigade des services de renseignement syriens et un ancien chef du bureau des enquêtes de la police criminelle locale, avec le grade de lieutenant-colonel.

Installés en Autriche après avoir obtenu l’asile en 2015, ils résidaient dans le pays depuis lors. Le premier accusé, Khaled al-Halabi, est en détention provisoire depuis fin 2024. Au moment de son inculpation, des organisations non gouvernementales estimaient qu’il était le plus haut gradé syrien responsable d’exactions présent en Europe. Il est poursuivi pour torture, contrainte aggravée, contrainte sexuelle et multiples lésions corporelles graves.

Le second prévenu, Musab Abu Rukbah, répond de lésions corporelles graves, de contrainte aggravée et de contrainte sexuelle. L’acte d’accusation précise que la prescription décennale a été suspendue en raison des enquêtes et des premières auditions. Le code pénal autrichien permet de poursuivre certaines infractions commises à l’étranger, en vertu de traités internationaux. La compétence du tribunal de Vienne découle du lieu de résidence des accusés.

Treize jours d’audience sont programmés jusqu’au 30 juin. Des témoignages de victimes en provenance de Syrie et d’autres pays européens sont attendus. Un avocat syrien installé en Allemagne, lui-même ancien prisonnier des geôles syriennes, a regretté que le général ne soit pas inculpé pour crimes contre l’humanité, comme cela a été le cas en Allemagne lors d’un procès similaire en 2022.

Par ailleurs, des hauts fonctionnaires autrichiens avaient été relaxés en 2023 des accusations d’avoir aidé l’ancien général à obtenir la protection du pays. L’acte d’accusation faisait référence à un accord conclu en mai 2015 avec le Mossad israélien, qui aurait exfiltré le militaire syrien de France vers l’Autriche. En 2016, une organisation internationale de défense des droits avait informé Vienne de son implication présumée dans des crimes de guerre, alors qu’il avait adopté une fausse identité.

Cet accord de coopération, surnommé « lait blanc », aurait été piloté par l’ancien chef des services de renseignement autrichiens, aujourd’hui en fuite à Dubaï et recherché pour ses liens avec un autre espion autrichien fugitif. Des représentants des victimes ont exhorté l’Autriche à ne pas devenir un refuge pour les criminels de guerre, tandis que dix-huit des vingt et une victimes identifiées sont représentées par le Centre international pour l’application des droits humains.

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