Société
L’Assemblée veut transformer les passoires en logements locatifs
Pour répondre à la pénurie de toits, l’Assemblée nationale vient d’adopter un texte qui mise sur l’ancien plutôt que sur le neuf. L’objectif est d’inciter…

Pour répondre à la pénurie de toits, l’Assemblée nationale vient d’adopter un texte qui mise sur l’ancien plutôt que sur le neuf. L’objectif est d’inciter les propriétaires à rénover puis à louer durablement, avec des aides fiscales repensées.
Des étudiants qui abandonnent leurs études faute de logement. Des salariés qui renoncent à une mutation. Des familles qui patientent des années pour un HLM. La crise du logement n’épargne personne. Plutôt que de lancer un grand plan de constructions neuves, l’Assemblée nationale a choisi de s’attaquer au parc existant. Le texte voté en première lecture vise à remettre sur le marché des logements vacants, dégradés ou trop énergivores. L’idée est simple : utiliser ce qui existe déjà, mais mieux.
Première mesure phare : le dispositif Jeanbrun, un statut fiscal pour les bailleurs privés qui louent des logements non meublés à loyer modéré, devient plus attractif. Jusqu’ici, plusieurs conditions le rendaient peu intéressant dans l’ancien. Le nouveau texte abaisse le seuil de travaux obligatoires de 30 % à 20 % du prix d’achat du logement. Il impose aussi un bond énergétique : les logements classés F ou G doivent gagner au moins deux classes, les autres au moins une. Pour les Outre-mer, une seule classe d’amélioration suffit, quelle que soit la situation de départ. Concrètement, un propriétaire peut rénover un bien très énergivore, bénéficier d’avantages fiscaux, et proposer un logement plus confortable et moins cher à chauffer à son locataire.
Le texte ne se limite pas à la fiscalité. Il veut aussi fluidifier les chantiers de rénovation, souvent complexes à organiser. Les petites entreprises du bâtiment hésitent parfois à travailler ensemble, par peur des responsabilités juridiques. La proposition de loi clarifie les règles : chaque entreprise reste responsable de son propre lot, sans solidarité automatique en cas de défaillance d’un autre artisan. Cela devrait rassurer les professionnels et encourager des rénovations plus complètes. Autre avancée pour les copropriétés, le financement des travaux collectifs est assoupli. Les prêts à adhésion simplifiée pourront désormais être garantis par des mécanismes assurantiels, et non plus uniquement par la solidarité entre copropriétaires. Une réponse concrète à un problème qui bloque souvent des chantiers pourtant votés. Ce n’est pas une solution miracle à la crise du logement, mais une boîte à outils pour remettre des logements existants sur le marché, pas à pas.
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