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L’ancien chef de l’État et son ex-bras droit s’affrontent par écrit devant la cour d’appel

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L’affaire des financements libyens rebondit par une passe d’armes épistolaire. Claude Guéant, absent pour raisons de santé, a répondu par une lettre cinglante aux accusations portées contre lui par Nicolas Sarkozy lors de l’audience.

L’ancien ministre de l’Intérieur a fait parvenir à la cour un courrier de trois pages dans lequel il exprime son écœurement face aux propos tenus à son encontre. Il y conteste avec fermeté toute implication personnelle ou financière dans cette affaire, assurant n’avoir toujours agi que sur instruction. La suggestion d’un intérêt pécuniaire est qualifiée de grave, Guéant affirmant n’avoir jamais sollicité ni reçu d’argent de qui que ce soit.

Nicolas Sarkozy avait pour sa part pointé, depuis le banc des accusés, des versements en liquide effectués par son ancien collaborateur au profit de ses enfants, actes qu’il juge étrangers aux fonctions officielles de ce dernier. Le ton est monté d’un cran avec l’évocation d’un épisode sensible, la possible intervention française concernant Abdallah Senoussi, beau-frère de Mouammar Kadhafi et condamné pour un attentat aérien.

Dans sa missive, Claude Guéant soutient que l’ancien président lui aurait explicitement demandé, à l’occasion d’un dîner officiel à Tripoli en 2007, d’examiner la situation de ce prisonnier. Une requête présentée comme une préoccupation exprimée par le dirigeant libyen. Guéant affirme avoir su d’emblée qu’aucune suite favorable ne pourrait être donnée.

Vivement interpellé par cette version des faits lors de l’audience, Nicolas Sarkozy a opposé un démenti catégorique. Il a rétorqué que son ancien directeur de cabinet confondait avec des événements survenus en 2005, tout en maintenant qu’il n’avait jamais été informé des rencontres ultérieures entre Guéant, Brice Hortefeux et l’intéressé. L’échange illustre la fracture désormais ouverte entre l’ancien président et celui qui fut son plus proche collaborateur.

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