Monde
L’Afghanistan plongé dans un silence numérique prolongé

Pour la deuxième journée consécutive, l’ensemble du territoire afghan subit une interruption totale des communications, plongeant la population et les activités économiques dans une situation inédite depuis le retour au pouvoir des talibans.
Les réseaux de téléphonie mobile et internet demeurent hors service sur l’ensemble du territoire afghan, selon les observations recueillies par des organismes spécialisés dans la surveillance des infrastructures numériques. Cette mesure, qui affecte près de 90% des pylônes de télécommunications, représente la première coupure générale des communications depuis 2021. Les autorités en place auraient confirmé le caractère intentionnel de cette décision, sans préciser la durée prévisible de cette interruption.
Les conséquences se font sentir dans tous les secteurs d’activité. Les commerçants de Kaboul décrivent des marchés paralysés, où les transactions commerciales et les systèmes de livraison dépendant des communications mobiles sont à l’arrêt. Le trafic aérien international subit également des perturbations, avec l’annulation de plusieurs vols à destination de l’Afghanistan. Les systèmes bancaires et douaniers, étroitement liés aux réseaux numériques, connaissent des dysfonctionnements majeurs.
Cette situation affecte profondément les liens familiaux et sociaux. De nombreux Afghans expatriés expriment leur inquiétude face à l’impossibilité de joindre leurs proches restés au pays. Un résident afghan établi à Oman confie son angoisse de se trouver totalement coupé de toute information concernant sa famille à Kaboul.
Cette coupure générale s’inscrit dans un contexte de restrictions numériques progressives. Depuis plusieurs semaines, les connexions internet connaissaient déjà des ralentissements significatifs dans diverses provinces. Début septembre, les autorités avaient initié des limitations d’accès dans plusieurs régions, suivant des directives émanant de l’administration suprême talibane. La province de Balkh avait notamment fait l’objet d’une interdiction complète d’internet mi-septembre, mesure justifiée officiellement par la nécessité de prévenir des activités contraires aux valeurs religieuses.
Le développement des infrastructures de télécommunications avait pourtant été présenté l’année précédente comme une priorité nationale, avec un réseau de fibre optique de près de 10 000 kilomètres considéré comme un vecteur essentiel d’ouverture et de développement économique. La situation actuelle marque un revirement significatif dans la politique numérique du pays, dont les répercussions à moyen terme restent difficiles à évaluer.

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