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L’affaire Lyhanna oblige le gouvernement à revoir les règles du classement sans suite pour les crimes sexuels

Le Premier ministre Sébastien Lecornu annonce un décret qui imposera une justification écrite pour tout classement sans suite d’une plainte pour viol ou…

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L'affaire Lyhanna oblige le gouvernement à revoir les règles du classement sans suite pour les crimes sexuels sur mineurs

Le Premier ministre Sébastien Lecornu annonce un décret qui imposera une justification écrite pour tout classement sans suite d’une plainte pour viol ou agression sexuelle sur enfant. Une réponse politique après la mort de la collégienne de 11 ans, dont le meurtrier présumé avait déjà été visé par deux plaintes classées sans suite.

Le gouvernement tente d’éteindre l’incendie politique provoqué par le meurtre de Lyhanna, 11 ans, retrouvée morte dans le Gers le 4 juin. Au cœur du scandale, le suspect de 41 ans, Jérôme Barella, était déjà connu de la justice. Une plainte pour viol sur mineure de 15 ans, déposée en 2022, avait été classée sans suite en 2024. Une autre, datée d’août 2025, n’avait même pas encore donné lieu à une audition. Devant le Sénat, le Premier ministre a donc promis un décret pour obliger les procureurs à motiver par écrit tout classement sans suite dans les affaires de crimes sexuels visant des mineurs. La mesure vise à mettre fin à ce que beaucoup considèrent comme un angle mort de la justice: des dossiers graves qui disparaissent sans explication, laissant les victimes sans réponse.

Mais cette annonce ne suffit pas à calmer les critiques. Sébastien Lecornu a reconnu que la justice manque de moyens, tout en refusant de lier directement ce problème à la mort de Lyhanna. Selon lui, les premières remontées des gendarmes et des parquets montrent des dysfonctionnements sans rapport avec des questions budgétaires. Pourtant, le directeur général de la gendarmerie nationale a lui-même parlé d’un « échec » de son institution. Le Sénat a d’ailleurs décidé de créer une commission d’enquête pour ausculter les défaillances de la chaîne judiciaire. Une manière de dire que la promesse d’un simple décret ne sera pas suffisante pour restaurer la confiance.

Emmanuel Macron, lui, a tenté de calmer le jeu en conseil des ministres, dénonçant la « précipitation et la démagogie » autour de ce drame. Mais dans la foulée, il a reconnu que les pouvoirs publics n’étaient pas allés « assez vite et fort » pour protéger les enfants contre les violences sexuelles. Une contradiction qui montre bien l’embarras de l’exécutif, pris entre la nécessité d’agir vite et la crainte de céder à la pression politique. La famille de Lyhanna, elle, continue de dénoncer un système qui a laissé faire. Le décret annoncé est un premier pas. Mais pour beaucoup, c’est une réaction bien tardive face à une tragédie qui aurait peut-être pu être évitée.

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