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L’aéroport de Bunia rouvre et redonne un souffle à la riposte contre Ebola

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Le seul accès aérien au foyer de l’épidémie en République démocratique du Congo était fermé depuis une semaine. Sa réouverture permet enfin d’acheminer l’aide humanitaire vitale.

Après dix jours de fermeture, l’aéroport de Bunia a rouvert ses portes mardi. Cette décision des autorités congolaises est un soulagement pour les organisations humanitaires qui dépendaient entièrement de cette voie pour atteindre l’épicentre de l’épidémie de maladie Ebola, dans la province de l’Ituri. La suspension des vols, le 23 mai, avait suscité de vives inquiétudes. Elle risquait de ralentir encore davantage une riposte déjà compliquée par l’insécurité et le manque de moyens. Aujourd’hui, après une évaluation des mesures sanitaires, le ministère des Transports a annoncé une reprise progressive et sécurisée. Les voyageurs devront désormais passer par un contrôle de température et un lavage des mains obligatoire avant d’embarquer.

Sur le plan épidémiologique, le bilan officiel fait état de 48 morts pour 321 cas confirmés de contamination. Mais un point encourageant émerge le nombre de cas suspects a chuté de manière spectaculaire. Il est passé de 1 139 à 116 en l’espace de quelques jours. En réalité, beaucoup de ces personnes ont été écartées après vérification. Elles souffraient d’autres maladies ou d’un simple épisode de fièvre sans autre symptôme. Les tests en laboratoire restent rares, faute de moyens sur place. Par ailleurs, le virus a franchi la frontière quinze cas dont un décès ont été signalés en Ouganda voisin. Une difficulté supplémentaire cette flambée est due au virus Bundibugyo, pour lequel il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique. L’agence sanitaire de l’Union africaine promet un vaccin d’ici la fin de l’année, et l’Organisation mondiale de la santé prépare des essais cliniques.

La région de l’Ituri est l’une des plus instables du pays. Les groupes armés y commettent régulièrement des massacres, et les services de l’État sont quasi absents. La plupart des structures médicales manquent de tout, et les soignants sont désemparés face à l’afflux de malades. L’aéroport de Bunia était le seul cordon ombilical pour acheminer équipements et personnel. Sa fermeture temporaire avait donc inquiété. Aujourd’hui, le gouvernement congolais assure que la situation est sous contrôle et met en avant les guérisons récentes de plusieurs malades. De leur côté, le Rwanda et l’Ouganda ont fermé leurs frontières avec la RDC. Les États-Unis envisagent d’ouvrir un centre de quarantaine au Kenya pour les cas suspects ou avérés, principalement destiné à leurs ressortissants. Le risque sanitaire mondial reste jugé faible, mais la vigilance est de mise dans une région où l’accès aux soins est un combat de chaque instant.

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