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La victoire d’Éric Ciotti à Nice marque un tournant politique majeur


Le député, allié au Rassemblement national, met fin à dix-huit années de mandat de Christian Estrosi et s’empare de la mairie de la cinquième ville de France, selon les premières estimations.
Les électeurs niçois ont choisi le changement. Éric Ciotti, candidat soutenu par le Rassemblement national, l’emporte ce dimanche sur le maire sortant Christian Estrosi. Cette victoire, créditée de 45% des suffrages, clôt un règne municipal de près de deux décennies et confie les clés de la ville à une alliance inédite entre la droite classique et l’extrême droite. L’ancien édile, qui recueille environ 39,5% des voix, échoue à contenir cette dynamique, malgré des appels répétés à la constitution d’un front républicain. La candidate de la gauche unie, Juliette Chesnel-Le Roux, obtient quant à elle 15,5% des suffrages.
Devant son quartier général de campagne, une foule de partisans a célébré ce résultat, saluant la fin d’une ère. Le nouveau maire élu a immédiatement salué une aspiration au renouvellement, évoquant un système qu’il jugeait verrouillé. Il a promis une gestion nouvelle pour une cité qui, selon lui, ne doit appartenir à aucun clan. La campagne, particulièrement âpre ces derniers mois, a vu M. Ciotti concentrer son discours sur les questions locales, reléguant au second plan les thèmes nationaux souvent portés par ses alliés. Il a critiqué avec force la gestion financière de la municipalité sortante, pointant notamment une hausse significative de la fiscalité locale et évoquant plusieurs affaires judiciaires.
La défaite de Christian Estrosi intervient malgré la défense d’un bilan axé sur le développement et l’embellissement de la ville. Ses tentatives de rallier un électorat large, au-delà de son camp traditionnel, n’ont pas suffi à inverser la tendance. L’entre-deux-tours a été marqué par son sentiment d’une certaine ingratitude de la part des citoyens, après un premier tour déjà défavorable. La fin de campagne a été émaillée d’incidents, dont une enquête pour intimidation ayant conduit à des interpellations dans son entourage proche.
Cette élection dépasse le cadre strictement local. Elle incarne une recomposition profonde des forces politiques sur le territoire, où l’alliance conclue par M. Ciotti avec le RN a démontré son efficacité électorale. Plusieurs élus locaux, jusqu’alors membres des Républicains, pourraient désormais officialiser leur rapprochement avec cette nouvelle majorité. Au niveau national, ce scrutin est perçu comme un indicateur des dynamiques à l’œuvre à un an de la prochaine élection présidentielle, illustrant les fractures et les réalignements au sein de la droite française. La prise de contrôle de la communauté d’agglomération par cette alliance confirme son ancrage territorial dans les Alpes-Maritimes.





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