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La rue, un théâtre de violences pour les femmes sans abri
L’extrême vulnérabilité des femmes sans domicile fixe les expose à un continuum de violences, une réalité souvent tue que la tenue d’un procès pour viol à Paris vient rappeler avec crudité.
Un homme de 36 ans comparaît devant la cour criminelle de Paris pour le viol d’une femme sans logement, survenu en 2023 près du boulevard périphérique. Un second prévenu est jugé pour complicité. La tenue d’une telle affaire en cour criminelle demeure exceptionnelle, tant les victimes en situation de grande précarité ont rarement recours à la justice. Dans cette affaire, l’intervention immédiate de policiers présents à proximité des faits a permis une prise en charge rapide de la plaignante, alors en état de choc.
Cette affaire judiciaire met en lumière une réalité accablante. Les associations et les experts alertent depuis des années sur la surexposition aux violences des femmes contraintes à la rue. Insultes, agressions sexuelles et exploitation diverses constituent leur quotidien. Un rapport sénatorial publié en 2024 constatait que la quasi-totalité d’entre elles avaient subi des violences physiques ou sexuelles dans l’espace public, des violences qui s’ajoutent fréquemment à des traumatismes antérieurs. On estime à environ 120 000 le nombre de femmes sans domicile fixe en France.
Pour tenter d’échapper à ces dangers, ces femmes développent des stratégies de survie. Elles évitent les figures stéréotypées de la personne sans abri, restent en mouvement constant et se tournent parfois vers des hébergements informels chez des connaissances ou des inconnus. Ces solutions précaires les exposent malheureusement à d’autres formes de violence, comme l’exploitation domestique. La crainte des agressions dans les centres d’hébergement collectifs traditionnels les conduit également à se tenir à distance de ces dispositifs.
Face à cette situation, la création d’espaces non mixtes apparaît comme une réponse nécessaire, bien qu’insuffisante à elle seule. À Paris, le Samu social gère ainsi deux accueils de jour réservés aux femmes, offrant un cadre sécurisé, des animations et un accès à des professionnels. Ces lieux permettent d’établir un lien de confiance, de libérer la parole sur les parcours de vie et les violences subies, et d’orienter vers un accompagnement adapté.
La prise de conscience de cette problématique spécifique s’est accentuée ces dernières années. L’offre d’hébergement spécialisé pour les femmes victimes de violences a progressé, passant de 5 000 places en 2017 à près de 11 700 aujourd’hui, avec un accompagnement dédié. Pourtant, ces réponses restent en deçà des besoins, dans un contexte marqué par une pénurie généralisée de places d’hébergement et une crise du logement structurelle. Les observateurs appellent à un développement significatif de solutions pérennes, combinant hébergement sécurisé, accompagnement socio-médical et accès au logement social, pour offrir à ces femmes une issue durable à la rue et à la violence.
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