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La responsable des réparations pour les victimes de l’Église s’alarme avant son départ
À la veille de la dissolution de l’instance indépendante qu’elle présidait, Marie Derain de Vaucresson exprime publiquement ses craintes quant à la nouvelle organisation mise en place par l’épiscopat français.
La présidente de l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr) a fait part de ses profondes réserves concernant l’évolution du dispositif destiné aux victimes de pédocriminalité au sein de l’Église catholique. Son mandat s’achevant le 31 août prochain, elle estime que les orientations choisies par la Conférence des évêques de France remettent en cause les principes fondamentaux qui ont guidé son action depuis 2021. Selon elle, la réintégration du processus au sein des structures diocésaines constitue un changement de nature, susceptible de compromettre l’équilibre et l’efficacité du système.
Le nouveau modèle, présenté fin mars, prévoit que les victimes devront initialement s’adresser à des cellules d’écoute locales, dépendantes des diocèses, avant une éventuelle orientation vers un organisme national. Pour la responsable sortante, cette configuration s’éloigne dangereusement du principe cardinal d’indépendance. Elle souligne que la possibilité pour les victimes de se tourner vers une entité extérieure à l’institution à l’origine de leurs souffrances était une condition essentielle de crédibilité et de confiance. Réintégrer le premier accueil dans le giron diocésain reviendrait, selon ses termes, à effacer cette distance nécessaire.
Elle pointe également des disparités dans la qualité de l’écoute au niveau local, notant que si certaines cellules ont été exemplaires, la situation est loin d’être uniforme sur l’ensemble du territoire. Un autre sujet de préoccupation concerne la dimension symbolique et financière de la réparation. Elle insiste sur le fait que les sommes allouées ne doivent en aucun cas être perçues comme une aumône ou une aide, mais bien comme une reconnaissance officielle des préjudices subis, étape indispensable sur un chemin de reconstruction personnelle.
Le nom même du futur dispositif, « Renaître », fait l’objet de critiques partagées avec les associations de victimes, en raison de sa connotation spirituelle perçue comme inappropriée. À quelques semaines de la transition, la présidente de l’Inirr constate un sentiment d’incompréhension, estimant que les enseignements tirés de ces dernières années n’ont pas été suffisamment pris en compte. Elle propose néanmoins une période de transmission afin que les futurs responsables puissent s’imprégner des méthodes et de l’éthique qui ont prévalu jusqu’ici, soulignant l’importance de préserver des garde-fous et d’assumer une responsabilité collective. L’instance actuelle s’engage à accompagner toutes les victimes qui la solliciteront d’ici la fin du mois d’août dans les conditions qui étaient les siennes.
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