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La primaire de gauche au bord de l’implosion après les municipales


Les résultats décevants des élections locales ont considérablement affaibli ses principaux promoteurs, Olivier Faure et Marine Tondelier, plongeant le processus dans une incertitude profonde.
Annoncée pour l’automne, la consultation destinée à désigner un candidat unique de la gauche non insoumise à la présidentielle traverse une crise majeure. Ses défenseurs les plus visibles, le premier secrétaire du Parti socialiste et la secrétaire nationale des Écologistes, sortent affaiblis du scrutin municipal. Un élu socialiste résume la situation en estimant que l’initiative est « morte faute de combattants ». Cette perception est renforcée par les difficultés internes que rencontrent les deux responsables, minant la crédibilité du projet.
La position d’Olivier Faure apparaît particulièrement fragile. Lors d’un récent bureau national, une motion critique, portée par le chef des députés socialistes Boris Vallaud et cosignée par ses opposants, a mis le dirigeant en minorité. Ce texte reproche à la direction d’avoir autorisé des alliances locales avec La France insoumise au second tour des municipales. Cet épisode illustre la défiance d’une partie importante du parti envers sa stratégie. Parallèlement, Marine Tondelier, qui s’était engagée dans le processus avant les municipales, doit composer avec les contre-performances de sa formation, qui a perdu la gestion de plusieurs grandes villes.
Au-delà des querelles tactiques, le principe même de la primaire divise. Certains, à l’instar de Nicolas Mayer-Rossignol, lui préfèrent une désignation plus restreinte, limitée à un périmètre social-démocrate. D’autres, comme Sébastien Vincini, un proche d’Olivier Faure, redoutent qu’un tel scrutin n’exacerbe les divisions plutôt qu’il ne les apaise, dans un contexte politique déjà tendu. Le refus persistant de Raphaël Glucksmann (Place publique) d’y participer prive par ailleurs le dispositif d’une figure centrale, alimentant les doutes sur sa viabilité.
Malgré ces vents contraires, une tribune publiée dans la presse et signée par plusieurs personnalités de la société civile a récemment relancé l’appel à une candidature commune. Olivier Faure continue de défendre ce mécanisme, qu’il présente comme le seul capable d’éviter une multiplication des candidatures de gauche, un scénario qu’il juge catastrophique face à la dynamique de l’extrême droite. Il a promis de consulter les militants socialistes sur la question.
L’avenir immédiat du projet dépend désormais de la capacité des différents acteurs à surmonter leurs divergences. Les écologistes et d’autres partenaires potentiels, comme François Ruffin, laissent planer la menace de candidatures autonomes si le processus s’effondre. La crédibilité de l’ensemble de la gauche non insoumise pour la prochaine élection présidentielle se joue dans cette capacité à trouver une voie unitaire, dont les contours et la méthode restent plus que jamais disputés.





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