Sports
La mode sur les courts : quand le tennis devient un podium

L’évolution des tenues au tennis reflète autant les progrès techniques que les audaces marketing, oscillant entre tradition stricte et excentricité assumée.
L’histoire de la tenue tennistique trouve ses racines à Wimbledon, premier tournoi du Grand Chelem créé en 1877. Dès 1963, le célèbre tournoi londonien imposa le port du blanc, une règle qui, bien que légèrement assouplie depuis, continue de susciter des réactions. Roger Federer lui-même exprima son mécontentement face à cette contrainte vestimentaire. À l’inverse, Roland-Garros n’a jamais adopté de directive similaire, laissant ainsi aux joueurs et aux équipementiers une liberté qui a favorisé l’innovation.
Le blanc domina longtemps les allées de la Porte d’Auteuil, notamment dans les années 1920 avec René Lacoste et sa célèbre marque au crocodile. Ce n’est qu’à partir des années 1970, parallèlement à l’essor de la télévision, que les couleurs firent leur apparition sur les courts. La balle elle-même, passée du blanc au jaune en 1987, accompagna cette transformation chromatique des tenues.
Au fil des décennies, Roland-Garros est devenu un véritable laboratoire de la mode tennistique. La Fédération Française de Tennis a même consacré une exposition intitulée « Jeu, set et mode » dans son musée, célébrant cette liberté stylistique. Comme le soulignait un coordinateur de l’événement, les joueurs pouvaient se livrer à un véritable défilé sur le court central, apportant des révolutions esthétiques au sport.
Les équipementiers ont rivalisé d’audace, avec des résultats parfois discutables. Björn Borg popularisa le bandeau Fila, tandis que Stan Wawrinka fit sensation avec son short aux allures de pyjama en 2015. La même année, Maria Sharapova arborait une marinière signée Jean-Paul Gautier. André Agassi marqua les esprits avec son short en jean Nike en 1990, et Venus Williams osa une robe nuisette en 2010.
Serena Williams provoqua une vive controverse en 2018 en jouant à Roland-Garros vêtue d’une combinaison noire moulante ceinturée de rose, conçue pour prévenir les caillots sanguins après son accouchement. Cette tenue ne fit pas l’unanimité : le président de la Fédération de l’époque jugea que les limites avaient été franchies, estimant qu’on était parfois allé trop loin dans l’audace vestimentaire.

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