Politique
La majorité vacille sur un vote agricole explosif
L’adoption d’une loi d’urgence pour l’agriculture tourne au fiasco politique : le gouvernement utilise son droit de veto pour éviter un débat sur les…


L’adoption d’une loi d’urgence pour l’agriculture tourne au fiasco politique : le gouvernement utilise son droit de veto pour éviter un débat sur les pesticides, provoquant une révolte dans ses propres rangs. La séance vire au clash, et la ministre de la Transition écologique menace de claquer la porte.
Mardi, le Parlement devait avaler six textes d’un coup. Mais la nuit précédente, c’est une toute autre ambiance qui a régné dans l’hémicycle. Le projet de loi d’urgence agricole, pourtant censé unir la majorité, a mis le feu aux poudres. En cause, le refus du gouvernement de laisser les députés voter sur des amendements visant à supprimer du texte un volet polémique sur les néonicotinoïdes, ces pesticides tueurs d’abeilles, introduit au Sénat. À ce stade de la procédure, l’exécutif a un droit de veto, et il a choisi de l’utiliser sans sourciller.
La décision a provoqué une onde de choc dans le bloc central. Des figures de la majorité, pourtant habituellement disciplinées, sont montées au créneau. Une ancienne ministre de la Transition écologique, issue de Renaissance, a imploré ses collègues d’organiser le débat. Le président du groupe des députés macronistes s’est lui aussi étonné de ce blocage, estimant que le Parlement aurait dû pouvoir trancher. La ministre de l’Agriculture est restée inflexible, obtenant finalement l’adoption du texte par 296 voix contre 224. Mais la fracture est ouverte. Dans l’entourage de la ministre de la Transition écologique, absente du banc ce soir-là, le scénario d’une démission est désormais pris très au sérieux.
Cette crise éclaire une mécanique politique plus large. Pour faire passer ses textes, la majorité gouvernementale a souvent dû compter sur le soutien du Rassemblement national, comme le soulignent les députés d’extrême droite eux-mêmes, moquant les bancs clairsemés de la coalition. À gauche, on dénonce une dérive sécuritaire et écologique. Un député écologiste parle d’une accélération de l’agenda réactionnaire, citant notamment une loi sur la présomption d’usage légitime des armes pour les forces de l’ordre, vivement contestée. De leur côté, les socialistes savourent une avancée avec le droit à l’aide à mourir, mais constatent un glissement général vers la droite. Après cette salve de textes, l’Assemblée s’apprête à fermer pour deux mois, avec déjà en ligne de mire la discussion budgétaire, annoncée comme un véritable casse-tête.
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