Culture
La jeunesse biéloruse trouve refuge dans l’underground musical
Face à l’étouffement politique, les scènes alternatives deviennent des espaces de liberté pour une génération en quête d’échappatoire.
Dans l’ombre d’un régime autoritaire, la musique underground pulse comme un cœur clandestin à Minsk. Gleb Gourami, organisateur de soirées électro, décrit ces événements comme une bouée de sauvetage pour une jeunesse marquée par l’exil massif post-révolte de 2020, la pandémie et les répercussions de la guerre en Ukraine. Son club, le Modul Art Platform, reçoit des centaines de messages reconnaissants, preuve que ces rendez-vous offrent bien plus qu’une simple distraction.
La scène musicale biéloruse, autrefois vibrante de punk et de rock, a subi de plein fouet les vagues répressives. Après les manifestations brutalement réprimées, des dizaines de milliers de jeunes ont quitté le pays, tandis que les artistes engagés sont réduits au silence ou contraints à l’exil. Le groupe Bi-2, icône nationale, ne peut plus se produire sur sa terre natale, ni en Russie, et survit grâce à des tournées internationales pour un public d’expatriés.
Vadim Choulga, leader du groupe PlemYA, témoigne de cette érosion. Son formation de groove metal a perdu cinq membres depuis 2020, et les cachets ont fondu comme neige au soleil. « Avant, on jouait dans toute l’Europe. Aujourd’hui, on se limite à la Biélorussie et à la Russie », déplore-t-il. Les autorités contrôlent désormais étroitement les spectacles, imposant une censure rampante que Svetlana Ramonka, promotrice de concerts, qualifie pudiquement de « lourdeurs administratives ».
Pourtant, malgré ce climat étouffant, la flamme résiste. Lors d’un récent concert d’un groupe russe alternatif, près de 300 jeunes ont dansé toute la nuit, oubliant le poids du quotidien. Artiom Golovaty, 21 ans, y voit un signe de résilience : « Ceux qui voulaient fuir l’ont fait. Nous, on reconstruit ». Gleb Gourami, lui, garde espoir en un avenir où les frontières culturelles s’effaceront. « Il faut briser ce mur invisible », souffle-t-il, rêvant de retrouvailles artistiques avec l’Europe.
Dans l’obscurité, les notes de musique continuent de tracer un chemin vers la liberté.
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