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Des pays africains réaffirment leur droit d’exploiter le pétrole à Santa Marta

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À la première conférence internationale sur la sortie des énergies fossiles, plusieurs nations africaines ont plaidé pour le maintien de leurs forages pétroliers, arguant que leur développement économique ne saurait être sacrifié sur l’autel des impératifs climatiques.

Réunie dans la cité caribéenne de Santa Marta, une cinquantaine de pays cherchent à accélérer la transition énergétique mondiale. Cette rencontre gouvernementale inédite acquiert une actualité brûlante, alors que les tensions au Moyen-Orient ont propulsé les prix du pétrole à des niveaux inédits depuis le début de l’année 2022.

Pour les économies émergentes dépendantes des hydrocarbures, l’équation demeure complexe. Leurs représentants en Colombie ne cachent pas leurs réserves. Onuoha Magnus Chidi, conseiller auprès du ministre nigérian du développement régional, résume la position de son pays en ces termes. Il ne s’agit pas d’abandonner les énergies fossiles mais de les réduire progressivement, dans un souci d’équité. Au Nigeria, sixième nation la plus peuplée du monde et producteur africain majeur, le démantèlement de l’économie pétrolière nécessite du temps. La question de la reconversion des emplois se pose avec acuité, et le conseiller appelle à un renforcement des aides financières internationales.

Le Sénégal, récemment entré dans le cercle des producteurs d’hydrocarbures offshore, tient un discours similaire. Dakar entend exercer son droit au développement sans renoncer à ses nouvelles ressources. Serigne Momar Sarr, conseiller technique au ministère de l’Environnement, reconnaît l’urgence planétaire de la transition. Il affirme toutefois la volonté de son pays de poursuivre l’exploitation de ses richesses tout en agissant de manière responsable. L’Afrique, rappelle-t-il, ne contribue qu’à une part infime des émissions mondiales.

Cette conférence de Santa Marta, qui s’achève mercredi, émane d’une lassitude face aux lenteurs des négociations onusiennes. Depuis deux ans, toute mention directe des énergies fossiles dans les COP annuelles se heurte à l’opposition de nombreux États. Les grands producteurs mondiaux, comme les États-Unis, la Chine, l’Arabie saoudite, la Russie ou les pays du Golfe, sont d’ailleurs absents des débats colombiens.

Les organisateurs espèrent néanmoins que cette réunion produira des propositions concrètes pour les nations désireuses de s’engager résolument dans une transition juste et ordonnée. Près de deux cents pays s’étaient engagés en ce sens à Dubaï en 2023. Sara Aagesen, ministre espagnole du Climat, souligne que chaque économie possède ses propres contraintes, rappelant la diversité des situations auxquelles sont confrontés les États participants.

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