Société
Deux statuettes de Napoléon au cœur d’une polémique politique
L’ancien ministre des Affaires étrangères aurait reçu des objets de grande valeur par l’intermédiaire d’un lobbyiste de la Françafrique, une affaire qui ravive les tensions avec un rival de longue date.
Lorsqu’il dirigeait le Quai d’Orsay, Dominique de Villepin a bénéficié de deux présents d’exception. Il s’agit de statuettes représentant Napoléon, dont la valeur totale dépasse les cent mille euros. Selon des informations diffusées par une émission d’investigation, ces objets lui seraient parvenus par l’entremise de Robert Bourgi, figure bien connue des réseaux d’influence africains. L’une des pièces aurait été offerte en 2002 par le président burkinabè de l’époque, l’autre par un homme d’affaires italien.
Les documents consultés par les journalistes mentionnent des factures s’élevant à soixante-quinze mille euros pour la première statuette et cinquante mille pour la seconde. Dominique de Villepin, qui envisage aujourd’hui une candidature à l’élection présidentielle de 2027, a affirmé n’avoir jamais eu connaissance de leur provenance réelle. Il s’est dit prêt à les restituer, tout en précisant qu’il ne les aurait jamais acceptées s’il avait su d’où elles venaient.
Son entourage a vivement réagi, dénonçant une manœuvre orchestrée par un proche de Nicolas Sarkozy, son éternel adversaire politique. Selon cette source, il s’agirait d’une tentative de diversion alors que l’ancien chef de l’État fait face à un procès en appel dans l’affaire du financement libyen de sa campagne de 2007. Les termes employés sont sans équivoque : « écran de fumée », « récits changeants », « coups tordus ».
Robert Bourgi, de son côté, assure que Nicolas Sarkozy n’est pas impliqué dans ces révélations. Il reconnaît toutefois nourrir une rancœur à l’encontre de Dominique de Villepin, en raison de propos tenus lors de l’incarcération de l’ancien président. Il affirme vouloir tout mettre en œuvre pour empêcher son rival d’accéder à l’Élysée.
Le nom de Robert Bourgi n’est pas nouveau dans les affaires politico-financières. Il avait déjà été mêlé à l’affaire des costumes luxueux offerts à François Fillon, qui avait terni la campagne présidentielle de ce dernier en 2017. Plus tôt encore, en 2011, il avait affirmé avoir transporté des valises de billets en provenance de pays africains à destination de Jacques Chirac et de Dominique de Villepin. Cette affaire avait donné lieu à une enquête, rapidement classée sans suite.
Dominique de Villepin qualifie aujourd’hui ces récits de « parfaitement farfelus », ajoutant que leur auteur est un « merveilleux conteur ». L’ancien Premier ministre n’a pas encore officialisé sa candidature pour l’élection présidentielle, mais il ne fait plus mystère de ses ambitions.
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