Économie
La Fed sous tension avant le départ annoncé de son président
Jerome Powell s’apprête à livrer sa dernière conférence de presse à la tête de la Réserve fédérale américaine, alors que l’institution traverse une période de divisions inédites et que son successeur désigné attend dans les coulisses.
La banque centrale des États-Unis a maintenu ses taux directeurs dans une fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%, une décision largement anticipée par les marchés. Mais l’attention s’est rapidement portée sur les dissensions internes, rares par leur ampleur. Quatre responsables monétaires ont en effet exprimé leur opposition lors du vote. L’un d’eux, le gouverneur Stephen Miran, plaidait pour un assouplissement immédiat. Les trois autres, des présidents de banques régionales, contestaient la formulation du communiqué final. Beth Hammack, Neel Kashkari et Lorie Logan estimaient que le texte laissait entendre un biais en faveur de futures baisses de taux, ce qu’ils jugeaient inapproprié.
Une telle configuration ne s’était pas produite depuis 1992, selon un porte-parole de l’institution. Ce désaccord témoigne d’une Fed fragmentée, évoluant dans un climat d’incertitude économique accru. L’institution souligne dans son communiqué que les événements au Moyen-Orient amplifient les difficultés de prévision. Elle qualifie désormais l’inflation d’élevée, en partie en raison de la hausse récente des prix mondiaux de l’énergie.
L’attention se tourne désormais vers Jerome Powell, qui doit s’exprimer en fin de journée. Son mandat de président s’achève le 15 mai. Kevin Warsh, ancien gouverneur de la Fed entre 2006 et 2011, est pressenti pour lui succéder. Une commission sénatoriale a donné son aval à sa nomination, avec les seules voix républicaines, les démocrates dénonçant une marionnette de l’administration Trump. Un vote en séance plénière doit encore confirmer cette nomination.
Ce scénario semblait incertain il y a quelques jours encore, en raison d’un imbroglio politique. Un élu de la majorité menaçait de bloquer le processus tant que le ministère de la Justice n’abandonnait pas une enquête visant Jerome Powell, perçue comme une manœuvre d’intimidation. La procédure a été officiellement close vendredi, sans être totalement enterrée.
Dans ce contexte, Jerome Powell doit décider s’il quitte complètement la Fed ou s’il conserve son poste de simple gouverneur, qu’il occupe théoriquement jusqu’en janvier 2028. Cette seconde option priverait Donald Trump de la possibilité de nommer rapidement un proche à ce siège. Quelle que soit sa décision, elle suscitera des interrogations, estime Belinda Roman, professeure d’économie à l’université St. Mary’s. Les investisseurs, en quête de stabilité et d’indépendance, s’interrogeront sur les conséquences pour la politique monétaire. Elle rappelle que si Kevin Warsh souhaite abaisser les taux, il devra convaincre les douze membres votants de la Fed.
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