Monde
La guerre au Liban s’embrase Beyrouth sous les frappes israéliennes
Israël a donné l’ordre de bombarder la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, et pousse son incursion terrestre plus loin qu’elle ne l’a fait depuis plus de deux décennies. La communauté internationale s’alarme et tente d’éviter une escalade incontrôlable.
L’armée israélienne a visé lundi la banlieue sud de la capitale libanaise, un secteur où le Hezbollah est solidement implanté. Cette zone avait été relativement épargnée depuis avril après des pressions diplomatiques. Mais les frappes ont repris de plus belle. Parallèlement, les troupes israéliennes avancent plus profondément au Sud Liban. Il s’agit de l’incursion la plus importante depuis le retrait d’Israël en 2000, après 18 ans d’occupation. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu justifie ces opérations par des « violations répétées du cessez-le-feu » et des attaques contre les villes israéliennes.
De l’autre côté, le Hezbollah a revendiqué une attaque aux missiles visant un objectif militaire dans le nord d’Israël, près de Tibériade. L’armée israélienne n’a pas réagi dans l’immédiat. Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a prévenu que Beyrouth ne connaîtrait « pas de calme » tant que les tirs du Hezbollah continueraient. La tension monte encore d’un cran. Les négociations, elles, semblent au point mort malgré les efforts de médiation américaine.
Sur le terrain, la peur domine. Des centaines de familles fuient la banlieue sud de Beyrouth à pied, à moto ou en voiture, chargées de leurs affaires. Un jeune employé de 24 ans, Hadi, raconte être parti immédiatement après les avertissements israéliens, parlant d’une « panique générale ». En milieu de journée, les rues sont désertes et les magasins fermés. La guerre a déjà fait plus de 3 400 morts au Liban depuis mars, et plus d’un million de personnes ont été déplacées. Côté israélien, le bilan est de 26 morts.
La communauté internationale tente de réagir. La France a demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU. Le président Emmanuel Macron estime que rien ne justifie cette escalade majeure. L’Union européenne a aussi appelé Israël à cesser son offensive. De son côté, l’Iran conditionne tout accord de cessez-le-feu régional à une trêve au Liban. Pendant ce temps, les combats se poursuivent autour de la forteresse de Beaufort, reprise par l’armée israélienne selon Netanyahu, mais que le Hezbollah dit toujours défendre. Les négociations entre le Liban et Israël restent pourtant, selon le président libanais Joseph Aoun, le seul moyen de mettre fin à la guerre.
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