Nous rejoindre sur les réseaux

News

La France sort d’une canicule précoce mais reste en alerte sur l’adaptation climatique

Article

le

L’épisode de chaleur exceptionnel pour un mois de mai s’achève ce week-end. Le pays s’interroge sur sa capacité à faire face aux prochains événements extrêmes.

La vague de chaleur d’une précocité inédite qui a frappé la France devrait toucher à sa fin durant le week-end, laissant sur son passage des préoccupations quant au niveau de préparation du pays aux prochaines canicules, à trois semaines du début de l’été. La vigilance orange à la canicule ne concerne plus samedi que Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne, où jusqu’à 35 degrés sont attendus. Dans la nuit de samedi à dimanche, l’arrivée d’une masse d’air un peu moins chaude associée à un vent modéré permettra le retour à une vigilance de couleur jaune, précise l’institut météorologique national dans son dernier bulletin.

La nuit de vendredi à samedi a été très chaude encore. Selon les données provisoires de l’institut, la minimale à Paris n’avait jamais été aussi élevée en mai, avec 21,7 degrés, soit un degré de plus que le précédent record datant de 2017. D’autres records mensuels de minimales ont été établis entre autres à La Rochelle, Bergerac ou Saint-Quentin. L’ouest du pays est repassé en vigilance jaune, niveau qui concerne 24 départements à l’échelle nationale samedi matin. La carte nationale doit retrouver sa couleur verte dimanche après six heures.

Les plus fortes chaleurs se décalent sur l’est du pays, qui était très relativement épargné par le phénomène, relevait un prévisionniste de l’institut au cours d’une conférence de presse vendredi. En parallèle, les températures plus fraîches arrivent depuis l’océan Atlantique, ajoutait-il. Une quarantaine de départements vont connaître samedi une vigilance jaune aux orages de plus ou moins courte durée, contre 24 en vigilance jaune la veille, principalement sur la partie nord du pays, dont l’Île-de-France, ainsi que sur une partie du sud-est.

Sous l’effet d’un dôme de chaleur qui bloque l’air chaud venu d’Afrique du Nord, l’Europe de l’ouest a subi une vague de chaleur inédite pour un mois de mai. Des températures record ont été enregistrées dans plus de la moitié du pays, et l’institut météorologique a qualifié ce phénomène de colossal. Le record de chaleur pour mai en France a été battu jeudi, avec 37,8 degrés en Charente.

Comme lors de chaque épisode de chaleur, la question de l’impréparation du pays au réchauffement climatique s’est posée toute la semaine. Ce d’autant qu’il est fort probable que la France expérimente de nouvelles vagues de chaleur cet été, a affirmé jeudi un climatologue de l’institut, même si cette vague ne présage en rien de la suite de l’été. La France a présenté en mars 2025 son plan national d’adaptation au changement climatique doté d’une cinquantaine de mesures : fonds d’indemnisation pour les catastrophes, protection des travailleurs en cas de fortes chaleurs, travaux sur les transports et l’agriculture. Le gouvernement a annoncé en février avoir enclenché 80 pour cent des mesures.

Le plan n’est pas encore à la hauteur des enjeux, affirme toutefois un économiste spécialisé dans le climat et l’environnement. C’est un plan qui pose beaucoup de diagnostics mais il y a très peu de mesures, notamment de mesures budgétées. Le gouvernement a défendu son action, après une réunion jeudi lors de laquelle le Premier ministre a fait passer le message que ce n’était pas à l’État de tout gérer. Le bâti scolaire, par exemple, relève des collectivités. Le ministre délégué à la Transition énergétique a lui estimé, lors d’une visite d’un internat rénové à Aix-en-Provence, qu’il fallait aussi poursuivre l’adaptation aux changements climatiques au-delà des situations d’urgence, rappelant qu’un effort extrêmement important avait déjà été fait.

Il est encore difficile d’évaluer les conséquences de cette vague, notamment les effets spécifiques de sa précocité sur un secteur comme l’agriculture, ou d’avoir une évaluation sur les pertes économiques engendrées. Mais les difficultés d’adaptation se sont traduites cette semaine par des annulations de trains Intercités, des pannes de climatisation, ainsi que par l’arrêt de six lignes de tramway à Bordeaux vendredi matin en raison d’une coupure de courant.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus