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La fragile trêve israélo-libanaise mise à l’épreuve dès ses premières heures

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À peine entré en vigueur, l’arrêt des hostilités négocié sous l’égide américaine est contesté par Beyrouth, qui dénonce des actions militaires israéliennes. Les populations civiles, prises entre espoir et méfiance, tentent un retour périlleux vers le sud du pays.

Un accord de suspension des combats pour une durée de dix jours est officiellement appliqué depuis vendredi à minuit, heure locale. Cette décision, annoncée la veille par l’administration américaine, intervient après plus de six semaines d’affrontements entre l’armée israélienne et le Hezbollah. Des scènes de soulagement ont immédiatement marqué les bastions du mouvement chiite dans la banlieue sud de Beyrouth, où des partisans ont célébré dans la nuit.

Cependant, les autorités libanaises ont rapidement fait état de manquements à l’accord. L’armée nationale a signalé, quelques heures seulement après le début du cessez-le-feu, plusieurs actions qu’elle qualifie d’agressions israéliennes, incluant des tirs sporadiques sur des localités du sud. Elle a en conséquence recommandé aux personnes déplacées de différer leur retour dans ces zones. De son côté, le Hezbollah a affirmé avoir riposté à une prétendue violation en ciblant des soldats israéliens près de Khiam.

Malgré ces alertes et les mises en garde des forces israéliennes, qui maintiennent leur présence au sud du Litani, un mouvement de retour massif de civils a été observé. Des embouteillages importants se sont formés aux points de passage, illustrant l’aspiration pressante des populations à regagner leurs foyers. Le conflit a provoqué le déplacement d’environ un million de personnes et causé, selon les sources libanaises, plus de deux mille morts.

Les déclarations des différentes parties reflètent une méfiance persistante. Le Premier ministre israélien a évoqué une opportunité pour une « paix historique », tout en réitérant la condition préalable du désarmement du Hezbollah. Un élu du mouvement pro-iranien a pour sa part conditionné le respect de la trêve à un arrêt total des hostilités israéliennes, excluant toute opération ciblée. Les combats ont d’ailleurs perduré jusqu’au dernier moment avant l’entrée en vigueur de l’accord, faisant de nouvelles victimes des deux côtés.

Cette trêve, distincte de celle conclue avec l’Iran, survient dans un contexte régional toujours tendu. Elle ouvre une fenêtre diplomatique, avec des discussions prévues à Washington, mais son application sur le terrain reste extrêmement précaire. L’épreuve de la cessation effective des violences constitue le premier test de sa viabilité.

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