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La demande de réparation d’un travailleur du STO une nouvelle fois rejetée


Un siècle d’attente pour rien : la justice refuse encore une fois d’indemniser un ancien du STO
_Albert Corrieri, 102 ans, ancien travailleur forcé sous le régime de Vichy, voit sa demande de réparation rejetée par le tribunal administratif de Marseille. Une décision qui relance le débat sur la reconnaissance des victimes du Service du travail obligatoire._
Albert Corrieri, aujourd’hui centenaire, a passé deux années de sa jeunesse à travailler de force en Allemagne, entre 1943 et 1945, dans le cadre du Service du travail obligatoire (STO). Employé comme plombier à Marseille, il avait été contraint de quitter sa ville natale à l’âge de 20 ans pour soutenir l’effort de guerre allemand. Interné dans un camp à Ludwigshafen, il chargeait des wagons de charbon et a même été blessé lors des bombardements alliés. Aujourd’hui, il réclame 43 200 euros à l’État français, soit 10 euros de l’heure pour ces années de labeur imposé.
Le tribunal administratif de Marseille a toutefois rejeté sa demande, invoquant une décision de 1957 qui lui avait déjà accordé une indemnité forfaitaire en tant que « personne contrainte au travail en pays ennemi ». Selon les juges, cette indemnité ne peut être contestée, car les délais de recours sont désormais prescrits. Par ailleurs, le tribunal a estimé que M. Corrieri ne pouvait pas être considéré comme un déporté au sens de la loi de 1964, qui définit les crimes contre l’humanité de manière restrictive. L’argument de son avocat, Me Michel Pautot, qui invoquait l’imprescriptibilité des crimes contre l’humanité, n’a donc pas été retenu.
Me Pautot a vivement réagi à cette décision, dénonçant une « faute de l’État » dans la déportation de centaines de milliers de Français sous le régime de Vichy. Il a annoncé son intention de saisir le président de la République pour relancer ce combat, qu’Albert Corrieri entend poursuivre « pour l’Histoire et la mémoire de ses concitoyens ». Cette affaire n’est pas isolée : en février dernier, un autre ancien du STO, Erpilio Trovati, 101 ans, avait également vu sa demande rejetée par le tribunal de Nice. Son avocat a fait appel de cette décision.
Entre 600 000 et 700 000 Français ont été envoyés en Allemagne dans le cadre du STO. Si certains ont cédé à la propagande de Vichy, la majorité a été contrainte de partir contre son gré. Aujourd’hui, les rares survivants comme Albert Corrieri continuent de se battre pour une reconnaissance officielle de leur souffrance, mais la justice semble fermer la porte à leurs revendications.





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