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La Crimée asphyxiée par les frappes ukrainiennes

La péninsule annexée passe en situation d’urgence face à des pénuries records de carburant et d’électricité. Les autorités russes reconnaissent une crise…

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La Crimée asphyxiée par les frappes ukrainiennes

La péninsule annexée passe en situation d’urgence face à des pénuries records de carburant et d’électricité. Les autorités russes reconnaissent une crise sans précédent depuis 2022.

Depuis plusieurs semaines, l’armée ukrainienne cible méthodiquement les infrastructures énergétiques de la Crimée. Les frappes ont détruit des dépôts de carburant et des camions citernes, provoquant un blocus de fait. Résultat la vente d’essence aux particuliers a été suspendue, des coupures d’électricité sont imposées et toutes les colonies de vacances prévues pour l’été ont été annulées. Le gouverneur pro-russe Sergueï Aksionov a lui-même admis que la situation du carburant était « la plus critique », un aveu rare pour des autorités d’habitude rassurantes.

Ce régime d’urgence permet officiellement de débloquer des moyens supplémentaires et d’accélérer les réparations. Mais il autorise aussi des restrictions sur la population locale, sans que le plan précis soit rendu public. Aksionov a simplement assuré que son équipe agissait, tout en reconnaissant que la défense aérienne n’était pas parfaite. Un aveu qui tranche avec le discours martial habituel de Moscou.

Pour la première fois depuis 2022, la Crimée vit une telle pénurie d’énergie. Un résident de Féodossia, joint au téléphone, raconte des explosions nocturnes et une situation qu’il n’a jamais connue. La péninsule, annexée en 2014 et symbole politique fort pour Vladimir Poutine, avait jusqu’ici été relativement épargnée par les conséquences directes du conflit. Mais les frappes ukrainiennes s’intensifient, avec une utilisation massive de drones. Dans la seule nuit de jeudi à vendredi, la Russie a abattu 660 engins, un record. L’objectif de Kiev est clair tarir les revenus pétroliers qui financent la guerre russe. Parallèlement, un nouvel échange de 160 prisonniers de chaque côté a eu lieu, dernier signe de coopération entre deux pays désormais en guerre totale.

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