Économie
La Bourse de Paris plie sous les tensions géopolitiques au Moyen-Orient
L’indice CAC 40 a entamé la séance en territoire négatif jeudi, les craintes liées à l’escalade des hostilités entre l’Iran et les États-Unis prenant le pas sur l’enthousiasme suscité par les valeurs technologiques.
Vers 10 heures GMT, le principal indice parisien cédait 37,68 points, soit un recul de 0,48%, pour s’établir à 8.168,77 points. La veille, le baromètre des quarante plus grandes entreprises françaises avait terminé en légère progression de 0,43%, à 8.207,89 points. Ce repli intervient alors que les forces américaines ont intercepté quatre drones iraniens et conduit des frappes dans le sud de l’Iran, provoquant une riposte de Téhéran contre une base américaine. Ces incidents constituent les plus sérieuses violations du cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril dernier.
La résurgence des combats a anéanti les espoirs d’un accord visant à rouvrir le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite 20% de l’offre mondiale d’hydrocarbures, et dont la fermeture a débuté avec les premières frappes américaines contre l’Iran, il y a exactement trois mois, le 28 février.
Le prix du pétrole, indicateur clé pour l’Europe en raison de sa forte dépendance aux importations, repartait à la hausse. Le baril de Brent de la mer du Nord s’échangeait à 96,77 dollars, en progression de 2,63%, tandis que le WTI américain atteignait 91,08 dollars, en hausse de 2,71%. Cette flambée des cours pétroliers attise les pressions inflationnistes, ce qui devrait inciter la Banque centrale européenne à relever ses taux directeurs lors de la prochaine réunion de son conseil des gouverneurs, prévue à la mi-juin.
Dans l’attente de cette décision, le rendement des obligations d’État françaises à dix ans remontait jeudi matin, s’établissant à près de 3,62%, contre moins de 3,60% la veille. Sur le marché des changes, l’euro se montrait stable face au dollar, à 1,1616 dollar pour un euro, contre 1,1626 la veille, soit une légère baisse de 0,09%.
Du côté des valeurs, les investisseurs se tournaient vers les secteurs considérés comme refuge en période de tensions. Thales gagnait 2,06%, à 238 euros, tandis que STMicroelectronics, fleuron de la technologie française spécialisé dans les microprocesseurs, progressait de 1,79%, à 58,99 euros. À l’inverse, les valeurs du luxe, fortement exposées au marché moyen-oriental, subissaient des dégagements. Hermès perdait 2,08%, à 1.600 euros, et LVMH reculait de 1,90%, à 474,75 euros.
Hors de l’indice phare, Soitec, fabricant de matériaux pour semi-conducteurs, bondissait de 14,62%, à 176,75 euros. Malgré des résultats en baisse annoncés mercredi soir, le titre semble bénéficier de l’engouement persistant pour l’intelligence artificielle.
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