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La Bolivie déploie l’armée pour briser le blocus qui étouffait le pays
Le président Rodrigo Paz a décrété l’état d’exception pour mettre fin à plus de six semaines de blocages routiers. Après un accord avec le principal…

Le président Rodrigo Paz a décrété l’état d’exception pour mettre fin à plus de six semaines de blocages routiers. Après un accord avec le principal syndicat, policiers et militaires sont à l’œuvre pour rouvrir les routes.
Depuis ce samedi, des convois de police escortés de blindés de l’armée dégagent les barrages qui paralysaient la Bolivie. À El Alto, près de la capitale La Paz, des engins de chantier poussent des amas de terre et de détritus sur le bord de la route. Certains habitants applaudissent le passage des forces de l’ordre. L’un d’eux tend même un sac de pain à un policier. L’image tranche avec des semaines de pénuries et de tensions.
Le président de centre droit a justifié sa décision en expliquant avoir épuisé toutes les voies du dialogue. Il a signé vendredi un accord avec la Centrale ouvrière bolivienne (COB), principale organisation syndicale du pays, qui a accepté de lever ses mesures de pression. Mais tout le monde n’a pas suivi. Des groupes paysans et les cultivateurs de coca du Chapare, bastion de l’ex-président Evo Morales, maintiennent la mobilisation. Antonio Mallku, dirigeant paysan, parle de trahison de la part de la COB et annonce un durcissement des barrages.
Cette crise, partie début mai, trouve son origine dans la pire crise économique que la Bolivie ait connue depuis quarante ans. Ouvriers des usines, mineurs et paysans exigeaient des réponses du gouvernement face à la flambée des prix et aux pénuries. L’arrivée au pouvoir de Rodrigo Paz, en novembre, a mis fin à vingt ans de gouvernements socialistes. L’opposition, elle, pointe le rôle de l’ancien président Evo Morales, visé par un mandat d’arrêt dans une affaire de traite de mineure qu’il rejette. Le gouvernement l’accuse d’encourager la contestation depuis la clandestinité. Le ministre de l’Intérieur a prévenu que la loi s’appliquerait, y compris dans le Chapare, quitte à y entrer par la force.

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