Europe
La BCE laisse planer le doute sur une nouvelle hausse des taux en juillet
La Banque centrale européenne vient de relever ses taux pour la première fois en trois ans, mais elle garde la main sur le levier. L’inflation reste trop…

La Banque centrale européenne vient de relever ses taux pour la première fois en trois ans, mais elle garde la main sur le levier. L’inflation reste trop forte, et les prochains mois pourraient réserver d’autres surprises.
Les dirigeants de la BCE ont agi jeudi. Ils ont augmenté leurs taux directeurs, une première depuis près de trois ans, pour tenter de calmer la flambée des prix. Derrière cette décision, il y a la guerre énergétique liée au conflit en Iran, qui fait grimper les coûts et menace de contaminer toute l’économie de la zone euro. Mais le travail n’est pas fini. Vendredi, plusieurs responsables ont prévenu que la porte restait ouverte à une nouvelle hausse en juillet. Pas question de s’engager : tout dépendra de l’évolution de l’inflation dans les semaines à venir.
Joachim Nagel, le patron de la Bundesbank allemande, a été clair : “Nous gardons toutes nos options ouvertes et sommes prêts à réagir à nouveau si nécessaire.” Même son de cloche côté estonien. Ulo Kaasik, le nouveau gouverneur de la Banque d’Estonie, a mis en garde contre une accélération plus rapide que prévu des prix, dans un contexte d’incertitude “exceptionnellement élevée”. Pourtant, selon des sources proches des discussions, le scénario le plus probable pour juillet serait un statu quo. Sauf si les prix de l’énergie repartaient à la hausse ou si une mauvaise surprise touchait l’inflation. Dans ce cas, la BCE pourrait remettre une pièce dans la machine. Les marchés financiers, eux, misent à un tiers sur une hausse en juillet, et quasiment à coup sûr d’ici septembre.
Un élément a bousculé les calculs : la chute soudaine des prix de l’énergie observée dans la nuit. En cause, l’annonce du président américain Donald Trump d’un accord de paix avec le régime iranien, encore à concrétiser. De quoi rendre la prudence encore plus indispensable. Martin Kocher, le gouverneur de la banque centrale autrichienne, a rappelé que six semaines séparent encore la prochaine réunion de juillet. “Beaucoup de choses peuvent se passer d’ici là. Qui sait quels développements nous attendent.” La BCE avance réunion par réunion, sans rien promettre. L’inflation dictera la suite.
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