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François Bayrou tire la sonnette d’alarme sur la dette et le sort du centre

Renversé de Matignon, battu à Pau et écarté de la course présidentielle, l’ancien Premier ministre publie un livre choc. Il y défend une idée simple : la…

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François Bayrou tire la sonnette d'alarme sur la dette et le sort du centre

Renversé de Matignon, battu à Pau et écarté de la course présidentielle, l’ancien Premier ministre publie un livre choc. Il y défend une idée simple : la France est surendettée, et personne ne veut voir la catastrophe arriver.

François Bayrou a 75 ans. Il vient de perdre son poste de Premier ministre, son mandat de maire de Pau et tout espoir de briguer l’Élysée. Pourtant, il refuse de disparaître. « S’il sort du jeu, il est mort » confie l’un de ses proches. Alors il écrit. Son seizième livre, *Alerte sur la France qui vient*, sort le 18 juin. Un pavé rouge au ton alarmiste. Lui qui jurait ne jamais écrire ses mémoires préfère alerter sur ce qu’il considère comme le vrai danger : la dette publique. Il ne se présente pas comme un candidat, mais comme un lanceur d’alerte. Sa thèse est simple et brutale. La France est au bord du précipice. Les citoyens, les gouvernants, les oppositions, tout le monde est coupable d’avoir fermé les yeux. Le livre rappelle son passage à Matignon, qu’il appelle les « jours d’alerte ». Selon lui, c’est parce qu’il a défendu ces idées que son gouvernement a été renversé. Et quelques mois plus tard, il a perdu la mairie de Pau, à quelques voix près. Une allusion claire à l’affaire Bétharram qui a empoisonné sa fin de mandat.

Le tableau qu’il dresse est rouge, mais le président Emmanuel Macron est épargné. Bayrou le décrit comme un homme « à la hauteur », « indifférent aux puissants » et « garant respectueux des institutions ». Un portrait bien plus doux que celui qu’il réservait à Nicolas Sarkozy il y a quinze ans. Pas un mot sur la dissolution. Pourtant, sous les deux quinquennats Macron, la dette a grimpé de quinze points de PIB. Moins que sous Sarkozy, mais tout de même. Le livre dresse des portraits de ses ministres et des syndicats, mais il esquive les figures d’Horizons et de Renaissance, celles qui préparent déjà 2027. Il glisse juste une phrase cinglante : « l’abandon en rase campagne » n’est « ni éthique ni très esthétique ». La cible n’est pas nommée, mais on la devine.

Alors comment peser dans la prochaine présidentielle sans être candidat ? Bayrou propose un plan quinquennal pour ramener les déficits sous le niveau de la croissance. Une union nationale, « une union sacrée » où les adversaires d’hier s’accorderaient sur un constat. C’est exactement la stratégie qui a conduit à sa chute à Matignon. Il ajoute un « pacte national entre les générations » pour redonner de vraies perspectives aux jeunes. Mais comment faire exister le centre et le MoDem ? Derrière Édouard Philippe ou Gabriel Attal ? Un virage vers le centre-gauche de François Hollande ou Raphaël Glucksmann ? Bayrou élude. « Je ne suis pas convaincu de l’actuelle offre politique », dit-il, sans fermer la porte à une personnalité nouvelle. Un député macroniste ironise : « Sa mission c’est que Le Pen ne gagne pas. Et son rêve c’est à nouveau de choisir le prochain. Mais l’histoire ne se répète jamais. » Bayrou, lui, écrit. Il attend.

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