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Des lycéens basques défient le ministère en composant leur épreuve de maths dans leur langue régionale

Vendredi, à Bayonne, près de 80 élèves de première ont rédigé leur copie de mathématiques en basque sans savoir si elle serait corrigée. Un acte de…

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Des lycéens basques défient le ministère en composant leur épreuve de maths dans leur langue régionale

Vendredi, à Bayonne, près de 80 élèves de première ont rédigé leur copie de mathématiques en basque sans savoir si elle serait corrigée. Un acte de désobéissance assumé pour réclamer le droit de passer tout le bac dans leur langue d’apprentissage.

Ce jour-là, 155 élèves de première du lycée immersif basque de Bayonne planchaient sur l’épreuve anticipée de maths. La moitié d’entre eux ont choisi de composer en basque. Pas un geste impulsif. Une décision réfléchie, revendiquée publiquement à la sortie de l’examen, devant des parents, des enseignants et des élus locaux. Dans une vidéo, les lycéens expliquent avoir rédigé leur copie « qu’importe le prix à payer ». Leur message est clair ils veulent continuer à se battre pour obtenir un bac intégralement en basque.

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, avait pourtant annoncé fin mai une avancée à partir de 2028 la possibilité de passer une épreuve de spécialité dans une langue régionale pour les élèves ayant suivi la discipline dans cette langue. Mais il avait exclu l’épreuve anticipée de mathématiques de ce dispositif. Son argument pour attester du caractère bilingue d’une formation dans une matière, il faut l’avoir suivie pendant tout le cycle terminal, c’est-à-dire en première et en terminale. Vendredi, il a réaffirmé sa position « Je ne souhaite pas qu’ils composent en basque. »

Les élèves ne sont pas seuls. La fédération Seaska, qui regroupe les établissements immersifs de langue basque, les soutient. Au total, sur les 3 500 élèves scolarisés en enseignement immersif dans le secondaire en France, 1 700 sont au Pays basque (1 200 collégiens et 500 lycéens). Antton Etcheverry, représentant de Seaska, a prévenu « Les propos du ministre ont pu créer le doute, mais maintenant les corrections doivent se faire. On verra bien au moment des résultats si les copies en basque ont été prises en considération. Si ce n’est pas le cas, on ne l’acceptera pas et on reprendra les mobilisations. » Depuis des années, les défenseurs de la langue basque réclament que les collégiens et lycéens bascophones puissent passer tous leurs examens dans leur langue d’apprentissage. Au Pays basque, plus de 4 400 élèves suivent un cursus immersif, soit 9 % des effectifs de la maternelle à la terminale. Et près d’un tiers des élèves étudient le basque, que ce soit en filière bilingue ou immersive, dans le public ou le privé.

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