Faits Divers
Le chef indépendantiste kanak peut souffler après une décision de justice inattendue
Christian Tein, dirigeant du FLNKS, a accueilli avec soulagement le non-lieu ordonné pour quatorze militants soupçonnés d’avoir piloté les émeutes de 2024…


Christian Tein, dirigeant du FLNKS, a accueilli avec soulagement le non-lieu ordonné pour quatorze militants soupçonnés d’avoir piloté les émeutes de 2024 en Nouvelle-Calédonie. Mais la bataille judiciaire est loin d’être terminée, le parquet ayant déjà fait appel.
C’est un vent d’apaisement qui a traversé Nouméa vendredi. Christian Tein, le président du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), a lâché un grand soupir. « Un grand soulagement pour nos familles », a-t-il confié devant la presse. L’homme de 58 ans, arrêté en juin 2024 et transféré à 17 000 kilomètres de chez lui pour une détention provisoire de près d’un an en France hexagonale, a traversé des mois très sombres. Il a évoqué des « périodes très difficiles » depuis son arrestation.
L’enquête visait la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), que Christian Tein dirigeait. Cette organisation était à l’origine de la mobilisation contre un projet de réforme du corps électoral en Nouvelle-Calédonie. La justice soupçonnait la CCAT d’avoir commandité les violences qui ont secoué l’archipel en 2024. Ces émeutes ont fait 14 morts et provoqué plus de deux milliards d’euros de dégâts. Les chefs de poursuites étaient lourds : complicité de tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique, association de malfaiteurs. Pourtant, les juges ont estimé qu’il n’existait pas de « charges suffisantes » contre les quatorze mis en examen. Une décision qui a scellé leur libération.
Mais la procédure n’est pas encore bouclée. Le parquet a fait appel de l’ordonnance de non-lieu. Me Pierre Ortet, avocat de Christian Tein, s’est dit serein. Il veut obtenir rapidement les écritures du ministère public et ne pas demander de renvoi, pour que la chambre de l’instruction se prononce au plus vite, peut-être dès l’automne. Les conseils de Tein peinent à comprendre les nouvelles investigations réclamées par l’accusation. « Ils ont eu deux ans pour demander les actes en question », a souligné Me Florian Medico. Il rappelle que l’instruction a déjà donné lieu à plus de 800 auditions et produit près de 11 500 pièces. Interrogé sur une éventuelle action en justice contre l’État, Christian Tein reste prudent. « On regardera déjà l’appel, comment les choses se présenteront », a-t-il répondu. La suite s’écrit maintenant devant la chambre de l’instruction.
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