Culture
David Hockney, le peintre qui a transformé les piscines en chefs-d’œuvre, s’est éteint à 88 ans
L’artiste britannique, figure majeure du pop art et pionnier des nouvelles technologies, laisse une œuvre éclatante qui a marqué l’histoire de l’art.


L’artiste britannique, figure majeure du pop art et pionnier des nouvelles technologies, laisse une œuvre éclatante qui a marqué l’histoire de l’art.
Il aura rendu les piscines de Californie aussi célèbres que les nymphéas de Monet. David Hockney, mort jeudi à Londres à 88 ans, était bien plus qu’un peintre. C’était un explorateur infatigable de la lumière et des couleurs. Ses toiles aux bleus turquoise et aux verts profonds ont fait le tour du monde. « A Bigger Splash », cette éclaboussure figée dans une villa ensoleillée, est devenue une icône pop.
Né en 1937 dans une famille modeste de Bradford, Hockney a dû se battre dès le départ. Dans l’Angleterre d’après-guerre, il a assumé très tôt son homosexualité et sa vocation d’artiste. Objecteur de conscience, il a fait son service militaire comme infirmier avant d’intégrer le prestigieux Royal College of Art de Londres. Un marchand d’art l’a repéré après avoir vu sa peinture « Doll Boy », inspirée par le chanteur Cliff Richard. À l’époque, Hockney était timide, pauvre et portait des lunettes de la Sécurité sociale.
Son coup de génie, ce fut le déménagement en Californie en 1964. Là-bas, il a bombayé les paysages avec une lumière nouvelle. Ses séries de piscines l’ont propulsé star du pop art. « Portrait of an Artist (Pool with two figures) » s’est vendue 90,3 millions de dollars en 2018, un record pour un artiste vivant à l’époque. Mais Hockney n’a jamais cessé de se réinventer. À 70 ans passés, il peignait sur iPad avec la même énergie qu’à ses débuts. Il disait ne travailler que les personnes qu’il connaissait. Il a même refusé de portraiturer la reine Elizabeth II, car il ne la connaissait pas assez.
Derrière ses lunettes rondes et son allure de dandy, Hockney était un bourreau de travail. « Je me fiche qu’on me voie comme un hédoniste, mais un artiste ne peut pas être un hédoniste », confiait-il. Sourd depuis la quarantaine, victime d’un petit AVC en 2012, il a continué à créer jusqu’à la fin. En 2025, malgré des problèmes de santé, il avait inauguré en personne une grande exposition à la Fondation Louis Vuitton à Paris. « La nature est source de tout. Ma joie vient de la façon dont je regarde le monde », disait-il. Il laisse une œuvre immense, des paysages du Yorkshire aux piscines californiennes, en passant par la Normandie où il s’était installé en 2019 avant de revenir à Londres.
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