Économie
L’Allemagne mise sur des dépenses colossales pour éviter la récession, mais la guerre en Iran assombrit le
La banque centrale allemande annonce que les investissements massifs dans la défense et les infrastructures vont empêcher l’économie de plonger cette…


La banque centrale allemande annonce que les investissements massifs dans la défense et les infrastructures vont empêcher l’économie de plonger cette année. Pourtant, la flambée des prix de l’énergie liée au conflit au Moyen-Orient menace de faire dérailler la reprise.
L’économie allemande traverse une période compliquée. Elle stagne depuis trois ans, et les experts redoutaient une récession. Mais la Bundesbank, la banque centrale du pays, vient de livrer une analyse en demi-teinte. D’un côté, elle reconnaît que les dépenses publiques records, notamment pour réarmer l’armée et moderniser les routes ou les ponts, vont donner un coup de fouet à l’activité. Ces investissements devraient ajouter 1,3 point de croissance au total d’ici 2028. De l’autre, la guerre menée par l’Iran provoque une hausse brutale du coût de l’énergie. Résultat, les ménages voient leur pouvoir d’achat fondre, les entreprises subissent des tensions d’approvisionnement et la demande diminue. Sans cette bouffée d’argent public, le pays serait bel et bien en récession au printemps et en été.
Les prévisions de croissance sont d’ailleurs revues à la baisse. Pour 2026, la Bundesbank ne table plus que sur 0,5% de progression, contre 0,6% estimé en décembre. Et pour 2027, la chute est plus nette, avec un chiffre ramené de 1,3% à 0,8%. Ces chiffres illustrent un paradoxe : l’État injecte des milliards, mais les conséquences du conflit au Moyen-Orient annulent une grande partie des effets positifs. La Banque centrale européenne a elle aussi réduit ses propres prévisions pour la zone euro, tout en relevant ses taux d’intérêt pour tenter de juguler l’inflation. En Allemagne, l’inflation globale devrait atteindre 2,9% cette année et rester au-dessus de 2% jusqu’en 2028 au moins. L’inflation sous-jacente, qui exclut l’énergie et l’alimentation, resterait obstinément élevée, entre 2,6% et 2,3% sur les trois prochaines années.
Derrière ces chiffres, ce sont des risques concrets pour la population et les entreprises. La banque centrale allemande prévient que l’incertitude grandit, que les taux d’intérêt élevés freinent l’investissement privé et que les goulets d’étranglement pourraient s’aggraver. Même si l’impact de la guerre devait s’atténuer avec le temps, la reprise reste fragile. Le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, a d’ailleurs laissé entendre que la BCE pourrait relever ses taux une nouvelle fois en juillet si l’inflation ne faiblit pas. En clair, l’Allemagne est prise en étau entre des besoins énormes de dépenses publiques et une inflation qui rogne le pouvoir d’achat des Allemands. La croissance promise par les investissements publics pourrait bien être grignotée par la hausse des prix et les conséquences du conflit.
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