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Le Pérou retient son souffle : l’écart est infime entre les deux finalistes

Après dépouillement de 95% des bulletins, le candidat de gauche devance la candidate conservatrice de seulement 0,2 point. Mais avec près de 450 000 votes…

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Le Pérou retient son souffle : l'écart est infime entre les deux finalistes

Après dépouillement de 95% des bulletins, le candidat de gauche devance la candidate conservatrice de seulement 0,2 point. Mais avec près de 450 000 votes contestés encore à examiner, l’issue réelle du scrutin pourrait mettre plusieurs jours à se connaître.

Au Pérou, l’élection présidentielle se joue sur un fil. Lundi, le candidat de gauche Roberto Sanchez a pris la tête du décompte avec 50,1% des voix, contre 49,9% pour la candidate de droite Keiko Fujimori. Mais avec encore 5% des bulletins à traiter et surtout 450 000 procès-verbaux contestés à analyser, aucun vainqueur ne peut être proclamé pour l’instant. Les deux camps appellent à la patience et au calme. Sanchez, confiant, a déclaré attendre le décompte final. De son côté, Fujimori a promis de respecter le résultat quel qu’il soit.

Ce scrutin révèle une fois de plus la fracture profonde qui traverse le pays. D’un côté, la côte, plutôt acquise à Keiko Fujimori, la fille de l’ancien président autocrate Alberto Fujimori. De l’autre, le sud andin rural et indigène, bastion de Roberto Sanchez, qui revendique l’héritage de l’ancien président emprisonné Pedro Castillo. Les électeurs espéraient une élection apaisante, après des années de crise politique marquées par huit présidents depuis 2016. Mais les analystes préviennent : quel que soit le gagnant, il aura la moitié du pays contre lui.

Le défi est immense pour le futur président ou la future présidente. L’insécurité est devenue la préoccupation nationale numéro un. Fujimori promet de déployer l’armée, de démanteler les réseaux d’extorsion et d’expulser les étrangers en situation irrégulière condamnés. Sanchez mise sur le rétablissement de la confiance dans les institutions, une réforme de la police et une justice renforcée. Mais aucun des deux n’a la majorité au Parlement, un organe puissant qui a déjà fait tomber plusieurs chefs d’État. Le nouveau dirigeant devra donc nouer des alliances pour aller au bout de son mandat. La passation de pouvoir est prévue le 28 juillet.

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