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L’Europe veut briser sa dépendance technologique avec les États-Unis

La commissaire européenne Henna Virkkunen tire la sonnette d’alarme : 80% des technologies utilisées en Europe viennent de l’étranger. Pour la sécurité et…

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L'Europe veut briser sa dépendance technologique avec les États-Unis

La commissaire européenne Henna Virkkunen tire la sonnette d’alarme : 80% des technologies utilisées en Europe viennent de l’étranger. Pour la sécurité et la démocratie, elle appelle à construire une IA qui parle nos langues et respecte nos valeurs.

Jeudi 11 juin, lors du Web Summit à Rio de Janeiro, Henna Virkkunen a planté le décor. La vice-présidente de la Commission européenne chargée de la technologie, de la sécurité et de la démocratie a prévenu : dépendre trop des géants américains pour des sujets aussi sensibles que la cybersécurité ou la défense est un risque. Elle ne mâche pas ses mots. L’Europe doit pouvoir compter sur ses propres outils, surtout quand il s’agit d’intelligence artificielle. Pas question de tout laisser aux mains de quelques entreprises étrangères.

Mais attention, prévient-elle. Cette souveraineté numérique ne veut pas dire fermer les frontières ou tourner le dos au monde. L’objectif est clair : développer des capacités européennes, avec une IA pensée dans nos langues, nourrie de nos contenus et alignée sur nos valeurs. Et l’Europe investit massivement dans ce sens. Le message est simple. Pour que les citoyens aient confiance, il faut que la technologie soit humaine et transparente.

Le Brésil entre dans la danse. Le pays devient le cinquième partenaire numérique de l’Union européenne, après le Japon, le Canada, Singapour et la Corée du Sud. Un accord a été signé ce vendredi avec le gouvernement de Lula. Objectif : coopérer sur la gouvernance des données, l’IA, les infrastructures et les plateformes numériques. Henna Virkkunen voit dans le Brésil un allié fiable. Avec 160 millions d’internautes et un marché parmi les dix premiers mondiaux, les opportunités sont réciproques.

La commissaire en profite aussi pour mettre en garde contre les approches trop libérales de l’IA, comme celle défendue par le président argentin Javier Milei. Transformer un pays en laboratoire sans régulation, ce n’est pas le chemin pour l’Europe. Le risque est réel quand l’IA prend des décisions qui pèsent sur la vie des gens : qui obtient un emploi, un prêt, comment fonctionnent les hôpitaux ou les transports. Dans la plupart des cas, les risques sont faibles, concède-t-elle. Mais quand l’impact est fort, il faut tester, vérifier, encadrer. L’humain doit rester au centre.

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