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Jusqu’à 10 000 euros pour louer à l’année plutôt qu’aux touristes

Sur l’île d’Oléron, les habitants peinent à trouver un logement à l’année. Face à la flambée des locations saisonnières, une communauté de communes mise…

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Jusqu'à 10 000 euros pour louer à l'année plutôt qu'aux touristes

Sur l’île d’Oléron, les habitants peinent à trouver un logement à l’année. Face à la flambée des locations saisonnières, une communauté de communes mise sur une prime financière pour convaincre les propriétaires de remettre leurs biens sur le marché classique.

Le décor est idyllique. Plages, soleil, vacances. Mais derrière la carte postale d’Oléron, une crise silencieuse frappe les habitants. Les résidences secondaires et les locations touristiques ont pris toute la place. Résultat : les actifs, les familles, les saisonniers galèrent à trouver un toit pour vivre. Certains finissent par quitter l’île, faute de solution. Pour enrayer ce cercle vicieux, la communauté de communes a sorti une arme simple mais efficace : une prime.

Depuis le 1er janvier 2026, le contrat « Louons à l’année » permet aux propriétaires de toucher entre 5 000 et 10 000 euros. La condition est claire : le logement doit être loué comme résidence principale, et non plus pour des séjours touristiques. L’idée est de compenser la perte de rentabilité des locations saisonnières, souvent plus lucratives l’été. Le montant de l’aide dépend de la surface : 5 000 euros pour un 25 mètres carrés, puis 100 euros de plus par mètre carré supplémentaire, jusqu’à 10 000 euros. Le versement se fait en trois fois, pour s’assurer que le bien reste dans le circuit long terme. Une première partie à la signature du bail, une autre après 18 mois, le solde au bout de 48 mois. Un garde-fou contre les retours précipités vers le marché touristique.

Mais tout le monde n’est pas éligible. Le logement doit faire au moins 25 mètres carrés, être situé sur l’île, et avoir une bonne performance énergétique (classe A à E). Les passoires thermiques sont exclues, pour éviter de refiler des factures trop lourdes aux locataires. Interdit aussi de louer à un membre de sa famille. L’objectif est de créer une vraie offre pour les habitants, pas une location de façade. Cette prime répond à une tension devenue intenable. À Oléron, les locations saisonnières et les résidences secondaires grignotent le parc immobilier. Résultat : les actifs peinent à rester, les employeurs ne trouvent pas de main-d’œuvre, et les communes voient leur vie hors saison s’étioler. Écoles, commerces, services, tout dépend d’une population présente toute l’année. Les élus ont choisi l’incitation plutôt que la contrainte, pour ménager à la fois l’économie touristique et la vie locale.

Les premiers chiffres sont encourageants. Au printemps 2026, 19 propriétaires avaient déjà accepté de jouer le jeu, avec une prime moyenne de plus de 8 000 euros. L’objectif est plus ambitieux : remettre environ 150 logements sur le marché longue durée d’ici trois ans. Oléron n’est pas un cas isolé. Aux Sables-d’Olonne, une aide similaire a déjà été testée. D’autres communes touristiques, notamment dans les Landes, observent le dispositif avec attention. Partout, la même question revient : comment loger ceux qui font vivre ces territoires au quotidien ? La prime suffira-t-elle à changer durablement les habitudes des propriétaires ? Pour certains, elle sécurise des revenus réguliers et simplifie la gestion. Pour d’autres, l’attrait des locations estivales restera plus fort. Mais cette mesure a le mérite de poser une question essentielle : dans les zones touristiques, le logement ne peut pas être réduit à un simple produit rentable. À Oléron, cette prime de 10 000 euros est avant tout un signal politique. Un rappel qu’un territoire ne reste vivant que si ceux qui y travaillent peuvent aussi y habiter.

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